SON DISCOURS AUX JACOBINS
droit des hommes inconnus jusqu'ici dons la carrière de la Révolution viendraient-ils chercher au milieu de tous ces événements des moyens d'usurper une fausse popularité, d'entraîner les patriotes même à de fausses mesures et de jeter parmi nous le trouble et la discorde ? De quel droit feraient-ils dégénérer les hommages solennels rendus à la vérité pure en farces ridicules? Pourquoi leur permettrait-on de se jouer ainsi de la dignité du peuple et d'attacher les grelots de la folie au sceptre même de la philosophie ? » Hébert dut pâlir à cette sortie qui le désignait si visiblement et il put voir le tranchant de la guillotine suspendu sur sa tête quand le terrible orateur accusa son parti de déshonorer la Révolution devant l'étranger: ce qui, dans le langage du temps, impliquait une trame secrète. La portée politique du discours apparut surtout quand Robespierre insista pour le maintien de la liberté des cultes. Il affirma que l'intention de la Convention était de la défendre contre ses adversaires et aussi contre ses propres abus. D'ailleurs les prêtres diront d'autant plus longtemps la messe qu'on cherchera davantage à les en empêcher. « Celui qui veut les empêcher est plus fanatique que celui qui dit la messe. » Si la Révolution a eu à se défendre contre le fanatisme, elle ne doit pas moins repousser l'athéisme qui enlève à la vertu son espoir, au vice son châtiment et à la liberté sa glorieuse sanction. Si Dieu n'existait pas il faudrait l'inventer. Ce qu'il faut donc avant tout redouter c'est le contrefanatisme qui calomnie la France aux yeux de ses ennemis, et qui au fond est leur agent le plus sûr.
La commune ne pouvait demander une déclaration de guerre plus explicite. Robespierre avait pris position. Il conclut son discours en demandant une épuration des jacobins. Chaque membre devait être à son tour examiné pour être maintenu ou repoussé par un vote. Personne ne s'y trompait, il y allait de la vie dans cet examen tumultueux dirigé par Robespierre qui y représentait tout le tribunal révolutionnaire. La commune essaya de payer d'audace, et elle rendit le 3 frimaire l'arrêté qui proscrivait tous les cultes, mais elle s'attira deux jours plus tard un foudroyant discours de Robespierre aux Jacobins. Il