‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 224 sur 373 · PALINODIE D'HÉBERT ET DE CHAUMETTE · texte numérisé non relu

PALINODIE D'HÉBERT ET DE CHAUMETTE

revint à son accusation d'intrigues secrètes avec l'étranger. Il parla en maître : « Nous ne souffrirons pas, dit-il, qu'on lève Fétendard de la persécution contre aucun culte, que Ton confonde l'aristocratie avec le culte, et le fanatisme avec l'opinion qui le proscrit. La Convention nationale maintiendra la liberté des cultes. » L'orateur se hâte d'ajouter, pour qu'on ne prenne pas trop au sérieux cette liberté, que la Convention imposera silence à toutes les disputes religieuses. Singulière contradiction dont la flagrante absurdité est moins étrange que sa durée opiniâtre dans notre pays. Robespierre arrache sans merci, selon ses propres expressions, le masque du patriotisme à la hideuse figure des suppôts de la coalition qui par leurs indignes farces ont voulu faire prendre un peuple libre pour un peuple d'athées et transformer une révolution politique en une misérable querelle religieuse. Eussent-ils agi autrement s'ils avaient voulu perdre la Convention et la France en disant à l'étranger: «Voyezvous, les Français avaient juré la tolérance universelle, la liberté des cultes; ils persécutent toutes les religions. » Cette fois le succès fut complet et immédiat; Hébert le soir même répudia sans pudeur le mouvement d'impiété qu'il avait tout fait pour susciter. Il osa faire la déclaration suivante à la face de Paris inondé de son Père Duchêne : « Déjà l'on a dit que les Parisiens étaient sans foi , sans religion ; qu'ils avaient substitué Marat à Jésus. Déjouons ces calomnies. »

Le même jour à la commune, Chaumette avait prononcé un réquisitoire en faveur de la liberté religieuse et s'était montré aussi onctueux en la réclamant qu'il avait été acharné à la supprimer, dans cette même salle où vibrait encore l'écho de ses harangues athées. Il ne fut conséquent avec lui-même qu'en injuriant le christianisme, car le grand motif qu'il fit valoir pour le maintien de la liberté des opinions, c'est qu'il fallait abandonner la secte des Nazaréens au mépris dans lequel elle s'anéantirait elle-même, au lieu de la ranimer par la persécution. Chaumette concluait en demandant que le conseil rejetât toute discussion relative aux différents cultes. « Ne nous informons pas si un tel va à la messe, à la synagogue ou au prêche ; infor-

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