MAINTIEN DES LOIS CONTRE LES PRÊTRES
ses diverses formes, se reconstitua de lui-même et profita d'une liberté incomplète pour prendre un développement extraordinaire. Rendons-nous compte des difficultés contre lesquelles il eut à lutter et aussi des avantages qu'il trouva dans l'absence de toute protection gouvernementale. Nous verrons que l'indépendance morale est pour lui un si grand bien qu'elle compense les plus graves atteintes au droit de la conscience.
Nous avons rapporté à leur date les décrets de la Convention contre la liberté des cultes. Ils formaient un code draconien qui égalait en rigueur ce que l'ancien régime avait eu de plus excessif contre les minorités religieuses. A la suite du hideux mouvement hébertiste la proscription avait atteint aussi bien le clergé assermenté que le clergé réfractaire. Les prisons étaient remplies de prêtres appartenant aux deux Eglises. La constitution civile du clergé n'existait plus que dans la lettre de la Constitution; ses cadres avaient été brisés par l'apostasie ou par la persécution ; le culte avait été rendu aussi impossible aux prêtres constitutionr.els qu'aux prêtres proscrits; nul traitement n'était payé, nulle pension n'était maintenue et un nombre considérable d'ecclésiastiques étaient en proie à la misère. Toute carrière politique leur était à peu près fermée, car deux fois l'Assemblée avait décrété qu'aucun ci-devant noble, aucun prêtre réfractaire ou assermenté ne pourrait remplir les fonctions d'officier ou de fonctionnaire public. Ce décret avait bien été rapporté mais il était redemandé par un parti influent. La Convention n'avait pas rapporté le décret du 3 octobre 1793 qui condamnait à la peine de mort dans les vingt-quatre heures , sur la déclaration conforme de deux témoins , non-seulement les prêtres qui avaient pris part à un mouvement insurrectionnel ou qui avaient eu quelque rapport avec l'émigration, mais encore tous ceux qui seraient munis de quelques signes contre-révolutionnaires. Etait condamné à la déportation avec les prêtres insermentés tout prêtre dénoncé pour cause d'incivisme. Rien de plus dangereux que le vague d'une expression semblable. Se déclarer chrétien au temps de Chaumette , c'était faire acte d'incivisme. Les prêtres qui n'avaient pas renié leur foi , avaient été pour ce motif jetés dans les ca-