‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 238 sur 373 · MAINTIEN DES LOIS CONTRE LES PRÊTRES · texte numérisé non relu

MAINTIEN DES LOIS CONTRE LES PRÊTRES

chots. La première partie de ce décret abominable qui multipliait les applications de la peine de mort était abrogée en fait par les événements de thermidor; la seconde partie qui se contentait de la déportation subsistait intégralement, ainsi que la clause assurant une prime de cent livres à tout citoyen qui dénoncerait un ecclésiastique sujet à la déportation. Tout citoyen au contraire qui recèlerait un prêtre rentrant dans cette catégorie était passible de mort. Cette loi, aggravée quelques mois plus tard par un décret qui faisait disparaître toute exception en faveur des prêtres infirmes et âgés, demeurait le droit public en France et elle pouvait d'un jour à l'autre déchaîner de nouveau la proscription. Elle eût trouvé ample matière à s'exercer, car après la chute de Robespierre les prêtres réfractaires passèrent en grand nombre la frontière et se répandirent dans les campagnes.

Le député Barré dénonça le fait à la séance de la Convention du 21 septembre 179-4; à l'entendre le département de la Lozère était infesté de ces prêtres rentrés sous toute espèce de déguisements. Il demanda avec instance que l'Assemblée décrétât la déportation de tous ceux d'entre eux qui étaient incarcérés et surveillés et que Ton remît en vigueur le décret qui interdisait aux prêtres les fonctions publiques. Le renvoi au comité de législation et de salut public fut décidé. Des mesures de rigueur furent également prises dans l'Hérault et à Avignon contre les prêtres pour avoir « prêché leurs fourberies, » selon l'accusation lancée contre eux par Perrin (des Vosges) commissaire de la Convention dans ces départements. Ils furent jetés en prison. Non content de ces sévérités un membre du parti violent, le représentant Baudin, demandait que tous les prêtres, assermentés ou insermentés, qui seraient trouvés sur les lieux où éclateraient des émeutes fussent mis en arrestation. L'Assemblée écarta une proposition qui, comme le faisait remarquer Lecointre de Versailles, remettait le terrorisme à l'ordre du jour.

Tandis que le régime des prisons s'adoucissait à Paris, les malheureux prêtres condamnés à la déportation et retenus dans la rade d'Aix étaient soumis aux traitements les plus durs. C'est ce qui ressort du récit très émouvant de l'un de ces mal-

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