SA PROPOSITION EST ADOPTÉE
avaient mendié de FEtat cette infâme aumône que payait leur faiblesse. Les autres mouraient de faim en célébrant leur culte dans le secret, car la plupart des églises avaient été fermées ou profanées. Cependant le culte assermenté existait encore constitutionnellement et il était reconnu par la loi. Cette situation anormale devait cesser. Il fallait rétablir l'ancien ordre de choses ou l'abroger formellement ; on devait aussi régler les pensions votées à divers titres aux prêtres démissionnaires ou en exercice. Rien n'était plus embrouillé que cette comptabilité. Ce fut en cherchant à y porter la lumière et Tordre que le comité des finances aborda le grave problème de la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Cambon commença son discours par un exposé très complet et très lucide de toutes les mesures prises jusqu'à ce jour à l'égard des prêtres constitutionnels; elles ne s'accordaient pas entre elles; aussi y avait-il un grand arbitraire dans les résolutions des administrations départementales à l'égard des ecclésiastiques ; les unes refusaient toute pension aux prêtres qui avaient refusé d'abjurer; les autres les payaient sur l'ancien pied. « Votre comité des finances , disait Cambon, a pensé que vous deviez faire disparaître toutes les difficultés qui se sont élevées sur les différentes lois rendues sur les pensions ecclésiastiques. La première mesure qu'il a cru devoir vous proposer est une déclaration solennelle que la République française ne paye plus les salaires ni les frais d'aucun culte. » Cambon ne manquait pas de rappeler l'opinion contraire de Robespierre.
« Votre comité des finances, ajoutait-il, a déjà reçu diverses pétitions afin que la Convention déterminât les traitements des ministres desservant les temples dits de la Raison, de la Philosophie ou qu'on dédierait à l'Etre suprême. » Le rapporteur proposait d'appliquer à tous les prêtres les secours accordés aux abdicataires par la loi du 2 frimaire. Cette dernière clause fut votée ainsi que la proposition principale ainsi formulée : « La République française ne paye plus les frais ni le salaire d'aucun culte. » La liberté religieuse la plus complète était la conséquence naturelle d'un tel vote, car toutes les questions religieuses étaient renvoyées à la conscience individuelle; l'Etat n'avait plus à y in-