‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 25 sur 373 · Voir le Moniteur, séance du 25 mai · texte numérisé non relu

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renées de la modération. La crainte de dépendre d'une assemblée mêlée est si grande que la majorité du clergé n'hésite pas à offrir spontanément ce qu'elle avait refusé avec tant d'obstination en 1788. Elle fait annoncer au tiers état la disposition où est la Chambre de renoncer à toute exemption pécuniaire. Cette décision n'était pas seulement motivée par le désir de détourner un coup redouté et de faire, en quelque sorte, la part du feu, mais aussi par l'ascendant de l'opinion publique et la ferme décision de la minorité.

Les communes étaient très disposées à accepter ce sacrifice, qui d'ailleurs était exigé par la presque universalité des cahiers : mais on se trompait grandement en s'imaginant qu'elles s'en contenteraient. Elles demeurèrent immuables dans leur résolution première. Mais la majorité du clergé prit une mesure qui révélait un rare esprit politique et cette habileté consommée que l'on doit aux négociations délicates. La question des subsistances était l'une des premières dont les législateurs du pays dussent se préoccuper, à cause de la cherté croissante des grains. La misère publique était affreuse. Qu'y avait-il de plus conforme à la sainte mission du clergé que de demander l'abandon de toutes les questions politiques pour s'occuper d'urgence de cette question de charité? Si l'on parvenait à obtenir que les divers ordres délibérassent sur un sujet aussi pressant, la délibération par ordre était enlevée par surprise, et un mouvement de sensibilité et de générosité qu'il était facile de provoquer sauvait l'Eglise de France, et par la même occasion la noblesse et la royauté. Dans la séance du (i juin, on décida à l'unanimité, au sein de la chambre du clergé, de nommer une commission pour prendre en considération la cherté des grains, et on invita les deux autres ordres à s'occuper également du même objet f. Sans doute la minorité vota cette proposition sans aucune arrièrepensée de tendre un piège, mais on ne saurait contester qu'il n'y eut là une manœuvre ourdie par les meneurs de la majorité; à ce moment même, ils étaient en pourparler avec le roi pour

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