‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 258 sur 373 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Régime des cultes sous le Directoire *.

La Constitution de Tan III, malgré des imperfections, aurait pu donner à la France la paix et la liberté, si elle se fût corrigée en durant, car en conservant de libres assemblées, un pays a toujours le moyen de se relever sans secousse. Malheur à lui si dans son impatience il brise ce souple instrument de progrès et de réforme ! Mais le respect d'une assemblée est inséparable du respect de la loi, lequel dépend du développement moral de la nation. Or jamais depuis le commencement de la Révolution la France ne fut aussi démoralisée que sous le Directoire. Ce qui avait manqué en 1789 ce n'était ni l'enthousiasme ni la générosité, c'étaient les principes inflexibles qui se puisent dans une sphère plus haute que celles de nos mobiles entraînements. Il n'y a de point absolument fixe chez l'homme que dans la conscience, à la profondeur où le sentiment moral se confond avec la voix même de Dieu. On sait à quel point Dieu était absent d'une révolution fille du dix-huitième siècle. Aussi quand l'heure de l'enthousiasme eut passé, après l'horrible fatigue des années que l'on venait de traverser, nul principe ferme ne demeurait debout , comme le roc du rivage , pour briser le flot des pas-

1. Voir, «à part le Moniteur, les volumes VIII, IX et X de l'Histoire de la Révolution, par M.Thiers; YHistoire du Directoire, par M. deBarante; Recueil de Theiner ; YHistoire de Pie VI, par le chevalier Artaud; les Mémoires de Thibaudeau; le deuxième volume des Mémoires de Poni écoulant; le deuxième volume des Mémoires de Carnot; Correspondance de Napoléon.

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