VIOLENCE DU DIRECTOIRE CONTRE LA COUR DE ROME
nimité, ceux qui foulent aux pieds la Constitution, exigent sans cesse des mesures révolutionnaires et nous poussent au gouffre de Fanarchie et du despotisme. » Quelques furieux trouvaient la loi trop douce. Il y eut même une voix pour s'élever contre les adoucissements proposés en faveur des prêtres sexagénaires. « Ces vieux prêtres, disait l'orateur, avec leurs cheveux blancs, inspirent plus de respect, exercent plus d'influence ; leurs bénédictions ont plus de prix. Les femmes adorent ces grands lamas, ces vieux fétiches ; elles réagissent ensuite sur les hommes; de là vient tout le mal. » Toutes les inconvenances étaient réunies à toutes les duretés dans ces odieuses paroles. Le conseil vota le décret ainsi aggravé. Il fut porté aux Anciens, mais le rapport fut différé. Il ne se trouva pas d'orateur pour presser la conclusion de ces tristes débats et en définitive la proposition fut écartée.
L'attitude du Directoire, dans les relations de la République avéc le saint-siége, appartient à la même politique violente et imprudente , qui écartait les ménagements là où ils étaient surtout nécessaires. Le général Bonaparte, après ses premières victoires, se décida à traiter avec les gouvernements de l'Italie du Sud; il ne voulait pas laisser derrière lui des ennemis qu'il ne pouvait encore abattre. C'est ce qui motiva les premiers pourparlers avec une cour qui avait été le foyer le plus actif de l'opposition contre la Révolution française. Le jeune général était un politique trop consommé pour proposer des conditions irréalisables dans une négociation qu'il avait intérêt à terminer. Aussi fut-il très contrarié de la manière dont le Directoire avait engagé l'affaire après l'armistice conclu par lui à Bologne. Mais il n'avait pas encore gagné assez de batailles pour parler en maître. *Le pape accorda sans délai les sacrifices d'argent qu'on demandait , bien qu'il lui fût particulièrement difficile de vider son trésor dans un temps où il soutenait un nombre considérable de prêtres réfugiés. Il n'éleva non plus aucune objection contre la remise des objets d'art qui lui furent ravis pour les musées de Paris. Mais il ne lui était pas possible d'admettre les nouvelles propositions que lui transmit le comte Pierucchi, son