TRAITÉ DE TOLENTINO
tion, s'est jeté dans le sein de Dieu pour le prier d'éclairer son serviteur sur ce qu'il doit faire dans une telle circonstance. L'Esprit-Saint sans doute a éclairé son serviteur et lui a rappelé l'exemple des martyrs. »
Ce langage était empreint de dignité. Les victoires remportées sur les misérables troupes pontificales étaient sans gloire. Aussi Bonaparte avait-il hâte de conclure la paix, malgré les suggestions passionnées du Directoire qui aurait tenu par-dessus tout à renverser la papauté. « Vous êtes trop habitué à la politique, lisons -nous dans une dépêche adressée de Paris en février 1797 au général de Tannée d'Italie, pour n'avoir pas senti aussi bien que nous que la religion romaine sera toujours l'ennemie irréconciliable de la République, d'abord par son essence, et ensuite parce que ses serviteurs et ses ministres ne lui pardonneront jamais les coups qu'elle a portés à la fortune et au crédit des uns, aux préjugés et aux habitudes des autres. Le Directoire vous invite à faire tout ce qui vous paraîtra possible, sans rallumer le flambeau du fanatisme, pour détruire le gouvernement papal, soit en mettant Rome sous une autre puissance, soit, ce qui serait mieux encore, en établissant une forme de gouvernement intérieur qui rendrait méprisable et odieux le joug des prêtres. » On ne pouvait avouer plus franchement que la Révolution française entendait faire à son profit une guerre d'opinion et de religion. Bonaparte comprit tout ce qu'aurait de grave et de dangereux le renversement prématuré du trône pontifical. Aussi se prépara-t-il à traiter. Il ne parla plus de la clause insensée de faire révoquer par le pape ses brefs sur la constitution civile du clergé et il signa à Tolcntino (17 février 1797) un traité par lequel il obtenait du saint-père l'abandon des Légations, la renonciation à ses droits prétendus sur Avignon, une forte contribution de guerre et la cession de précieux objets d'art. Le traité de Tolentino pourra toujours être invoqué contre ceux qui prétendent que le domaine temporel du saint-siége est absolument inaliénable. Il prouve que, comme toutes les puissances terrestres, il est à la merci des hasards de la politique.
Les élections de 1797 avaient fortifié dans le Conseil l'influence