‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 285 sur 373 · IL EST TOUJOURS L'OBJET DE LA SURVEILLANCE · texte numérisé non relu

IL EST TOUJOURS L'OBJET DE LA SURVEILLANCE

riches, tout le monde se fit ouvrier et le temple sortit de ses décombres l. » I/évêque de Saint-Papou! consacra soixante-dix prêtres aux Blancs-Manteaux. L'Eglise réfractaire se reconstituait ainsi en pleine République. Dans les départements, elle obtenait des succès non moins grands, mais elle rencontrait aussi une opposition décidée et qui parvenait souvent à l'entraver. A Versailles et à Marseille il y eut des émeutes, et beaucoup de prêtres furent jetés en prison. A Limoges, les prêtres incarcérés étaient tenus au secret et exposés à toute sorte de mauvais traitements sous l'influence d'une prétendue société littéraire qui n'était que le prête-nom de l'ancien club des jacobins. Des femmes furent jetées en prison pour avoir assisté à la messe. Quatrevingts prêtres furent incarcérés à Périgueuxet l'évêque de l'Eglise insermentée d'Auxerre ne fut relâché que grâce à l'énergie avec laquelle il invoqua la liberté des cultes. Le tribunal de Versailles acquitta les prêtres qui parurent à sa barre entourés du respect universel; leur prison avait été transformée en un temple par le concours des fidèles. Dans la Moselle, un prêtre fut enlevé au moment où il célébrait les saints mystères à l'autel, mais le peuple le délivra. ABolbec, des mesures militaires furent prises pour empêcher la messe de minuit; mais, dans une commune voisine, le détachement envoyé pour interdire le culte y assista avec piété. A Montmédy, près Liège, le commandant militaire ayant interdit au curé de porter le viatique à un mourant, plus de sept cents personnes s'opposèrent à cette interdiction. L'opinion publique, livrée à elle-même, se prononçait de plus en plus en faveur de la liberté de conscience et les discours de Camille Jordan, de Royer-Collard et de Portalis lui donnaient un nouvel élan. Le Directoire et le parti jacobin se remuèrent d'autant plus pour l'entraver. On lit l'instruction suivante, sur la conduite à tenir à l'égard des prêtres insermentés, dans une circulaire du pouvoir aux commissaires nationaux, datée du 21 juin 1796 : « Désolez leur patience; enveloppez-les de votre surveillance; qu'elle les inquiète le jour et les trouble la nuit. » Néan-

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