‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 287 sur 373 · RELÈVEMENT DE L'ÉGLISE CONSTITUTIONNELLE · texte numérisé non relu

RELÈVEMENT DE L'ÉGLISE CONSTITUTIONNELLE

un peu de prospérité elles eussent afflué, si bien que l'ancienne Eglise eût refleuri au souffle de la liberté.

Ce souffle ne pouvait être mortel à la nouvelle, à celle qui tout en demeurant fidèle à l'orthodoxie catholique s'était franchement associée à la Révolution et cherchait à concilier la liberté et la religion. Elle avait bien des plaies à guérir, car elle avait été attristée par de nombreuses défections aux jours de la persécution. Elle avait eu le malheur de compter dans ses rangs beaucoup de mauvais prêtres, parce que pour elle la faveur du pouvoir civil avait duré plus longtemps, mais elle avait dû passer par les plus sévères épreuves, et la salutaire discipline de la proscription l'avait délivrée des hypocrites. Aussitôt après le décret sur la liberté des cultes, l'Eglise constitutionnelle fît les plus louables efforts pour réparer ses brèches et rétablir l'ordre dans son sein. Un homme fut surtout actif dans cette œuvre sainte, c'est Grégoire, ancien représentant de la Constituante et de la Convention, et évêque de Blois. Il a été beaucoup calomnié et outragé, les haines les plus acharnées l'ont poursuivi jusque sur son lit de mort1!... Nous reconnaissons qu'il a souvent poussé l'amour des institutions républicaines jusqu'à un degré d'exaltation qui ne convenait ni à un libéral modéré ni surtout à un prêtre. Mais pour être juste il faut faire la part du temps et des circonstances. Le clergé du parti opposé ne fut pas moins ardent et emporté dans son langage et ce n'est pas impunément que l'on respirait l'atmosphère de feu d'un pays en révolution. On peut invoquer des paroles regrettables contre Grégoire, mais on ne citera jamais de lui une* action basse ou inique. Il a été pur du sang du roi, bien qu'il ait poussé trop loin l'indulgence pour ses juges. Il n'a pas perdu une occasion de réclamer la liberté des cultes pour ses plus grands adversaires. Dépourvu des dons de la grande éloquence, il cherchait souvent l'énergie dans une certaine violence d'expression, mais il a toujours été un champion du droit et de la justice, soit qu'il

1. On n'a pour s'en convaincre qu'à lire l'article que lui consacre la Biographie universelle.

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