RÔLE DE GRÉGOIRE DANS CE RELÈVEMENT
soutînt la cause des noirs, ou celle des juifs, soit qu'il demandai l'élargissement des prêtres insermentés. Sa noble attitude le jour des abjurations suffirait à lui concilier le respect universel. Son zèle infatigable pour relever et réorganiser l'Eglise constitutionnelle ne mérite pas moins d'admiration. Aidé de quelques collègues parmi lesquels il faut citer tout d'abord Lecoz, évêque de Rennes, esprit sage et modéré, doué d'une éloquence pénétrante, Grégoire accomplit en quelques années une œuvre vraiment considérable. Il déploya autant de fermeté que de sagesse et nul n'a plus fait en France pour réconcilier la religion et la liberté.
Dans ses Mémoires et dans son Compte rendu au premier concile de l'Eglise gallicane, il a peint vivement l'état déplorable dans lequel était tombée la religion sous la Terreur. Les souffrances endurées n'étaient rien comparées à la honte des apostasies. La plupart des Eglises avaient perdu leur évêque par la mort ou l'exil. Le culte était comme tombé en désuétude. A peine le décret du 3 ventôse eut-il été rendu que Grégoire convoqua à Paris, le dimanche 15 mai 1795, quelques évêques parmi lesquels était Desbois, évêque d'Amiens, qui sortait à peine de prison. Il publia avec eux deux lettres encycliques destinées à obvier aux désordres les plus graves, à écarter du ministère les prêtres apostats ou mariés et à pourvoir à la réorganisation au moins provisoire de l'Eglise. La première de ces encycliques débute en rappelant les temps douloureux que Ton vient de traverser, la persécution atroce qui a décimé l'Eglise et les trop nombreuses apostasies qui l'ont désolée. «Puissent, disent ces pieux évêques, ceux à qui Dieu a fait la grâce de demeurer fidèles, au milieu des terreurs de la mort, se réjouir d'avoir été dignes de souffrir quelque chose pour Jésus-Christ. Pasteurs des âmes, nous surtout évêques, nous sommes comptables à Dieu, à l'Eglise et à la postérité, de nos efforts pour réveiller la foi. » Bien loin de regretter que la religion n'ait plus de consistance politique en France, les évêques s'en applaudissent et confessent leur foi religieuse et leur ferme attachement aux institutions du pays. « Les pasteurs, lisons-nous dans ce document digne des premiers temps de l'Eglise, se porteront