‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 290 sur 373 · Annales de la Religion, XI, p · texte numérisé non relu

Annales de la Religion, XI, p

TENDANCES REFORMATRICES. .'{(J3

peuples l. » Bien que poussant les principes gallicans à leurs dernières conséquences, sauf en ce qui concerne la soumission servile à l'autorité civile, l'Eglise constitutionnelle n'a pas rompu un seul jour avec le centre de l'unité catholique; elle n'a cessé de supplier le saint-père de rendre. la paix à la religion, à la France, et de ne pas repousser les propositions de pacification. Ce n'est pas que cette Eglise ne fut sous l'influence d'un souffle de réforme; elle aspirait à développer dans son sein une piété véritable qui tînt moins aux formes qu'au fond religieux, moins aux symboles qu'aux réalités. Grégoire s'efforçait de combattre les pèlerinages superstitieux, comme le témoigne le Compte rendu qu'il présenta aux évêques réunis à Paris sur la visite de son diocèse. « Ce qui est louable, disait-il, ce n'est pas d'avoir été à Jérusalem, mais d'avoir bien vécu à Jérusalem. » Il cherchait également à dégager la vénération des reliques des exagérations qui s'y mêlaient : « Quand je trouvais des individus qui, assidus aux offices divins, négligeaient les devoirs de la charité, la pureté, l'humilité : Nous ne pourrons, leur disais-je, plier les saintes règles de l'Eglise aux caprices des hommes, nous ne voulons pas conserver des chrétiens qui ne le sont que de nom. » Il était naturel, que sous l'empire de préoccupations semblables, on s'efforçât de rendre moins illusoire la participation à la première communion. Il fut décidé qu'on l'entourerait de garanties plus sérieuses en la faisant précéder par de solides instructions. Grégoire voulait que les pères de famille prononçassent tous les jours des prières en français dans leur maison. Il cherchait aussi à multiplier tous les moyens d'instruction, et, en particulier, les bibliothèques. Ainsi se prononçait une bienfaisante réaction contre le formalisme, ce grand fléau de la chrétienté moderne. Les évêques ne s'épargnaient pas dans cette pieuse tâche; ils parcouraient régulièrement leur diocèse, et prêchaient dans toutes les églises. L'évêque de Blois avait prêché cinquante fois, et donné la confirmation à quarante-cinq mille personnes dans la visite de son diocèse. C'étaient des travaux

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