‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 291 sur 373 · LE CULTE RÉTABLI DAXS 40,000 PAROISSES · texte numérisé non relu

LE CULTE RÉTABLI DAXS 40,000 PAROISSES

vraiment apostoliques. Ils furent amplement récompensés, car un document irrécusable, qui n'est autre qu'un relevé fait au ministère des finances, nous apprend, qu'après trois ans, le culte était rétabli dans quarante mille communes l. îl n'avait pas, il est vrai, son antique splendeur. Les ministres vivaient souvent misérablement. Plus d'un endurait de dures privations, comme ce vieux prêtre que Ton trouva un jour raccommodant dans sa mansarde ses bas noirs avec du fil blanc. La République, selon la juste expression de Grégoire, avait fait banqueroute aux ecclésiastiques auxquels elle avait promis des pensions, et les dons volontaires pour le service des autels étaient loin d'être suffisants. « Les désastres et les maux qui accablent vos pasteurs, écrivait Grégoire dans un mandement, nous forcent de vous dire comme l'Apôtre aux Galates : « Que celui qui est catécbisé fasse part de ses « biens à celui qui le catéchise. » Au reste, quels que soient les effets de votre reconnaissance à l'égard de ces vénérables pasteurs qui ont tout perdu, tout souffert pour Jésus-Christ, comme nous ils continueront de vous tenir le langage que Paul, Silvain et Timothée adressaient aux Thessaloniciens : « Tel est notre « tendresse à votre égard que nous désirons, non-seulement vous « prêcher l'Evangile, mais même donner notre vie pour vous, car « vous nous êtes très chers. » L'Eglise constitutionnelle s'était interdit la ressource du casuel. Elle proscrivait formellement tout honoraire et toute rétribution pour prières ou bénédictions, et particulièrement pour la célébration de la messe. Elle se fiait à la piété éclairée des fidèles. « Son attente ne fut pas trompée; car, après des débuts extrêmement difficiles et sans avoir jamais obtenu la richesse, elle finit par se suffire à elle-même grâce aux dons volontaires. » Ce ministère, pauvre et laborieux, remplissait de joie ceux qui en étaient revêtus. Un vieux prêtre, presque septuagénaire, déclarait qu'il avait comme retrouvé une seconde jeunesse dans cette mission de dévouement et d'entière abnégation 2. Aux difficultés de la pauvreté venaient s'ajouter les mauvaises

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