‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 293 sur 373 · MAUVAIS VOULOIR DES AUTORITÉS · texte numérisé non relu

MAUVAIS VOULOIR DES AUTORITÉS

dites par le considérant suivant : « Attendu que l'administration doit réprimer toutes les entreprises tendant à établir un culte exclusif et dominant, et empêcher des réunions dont le résultat serait de ressusciter une prétendue hiérarchie et de prétendus pouvoirs non reconnus par les lois x. » Dans 1 "Eure-et-Loir, on s'oppose aux cérémonies funèbres, sous prétexte que l'exposition des corps morts sur la voie publique est le signe non équivoque d'un culte religieux -. La loi du décadi suscita les plus graves difficultés aux catholiques dans les départements. Ils durent déployer une grande fermeté pour maintenir leur droit. Breteuil, commissaire du Directoire dans l'Eure, leur signifiait ainsi la volonté du gouvernement : « Tous les ministres du culte sont invités à transporter au décadi leurs fêtes et leurs cérémonies religieuses. Une telle invitation est un ordre pour un républicain; agir autrement serait une refaite intempestive vers l'ultramontanisme et une entrave aux progrès de la raison. Loin de tuer le fanatisme vous lui donnerez une nouvelle vie; vous ouvrirez un abîme devant la grande nation et elle vous y précipitera 3. » Ce galimatias administratif n'était que trop clair; il signifiait la tyrannie des consciences. Rappelons la noble réponse d'un curé du département de l'Yonne à la sommation des autorités locales. « Je ne puis, ni ne dois, dit-il, souscrire à l'invitation qui m'est faite de transférer le dimanche au décadi. Comme ministre du culte catholique j'en réclame le libre exercice que nous garantit la Constitution de l'an 111. Comme citoyen, je demande aux magistrats du peuple à être maintenu dans la possession entière et paisible de mon droit. » L'obligation de partager les temples avec les théophilanthropes fut aussi une condition pénible imposée aux catholiques. La loi du 19 fructidor an V, prononçait la déportation contre tout prêtre qui troublerait la tranquillité publique. Elle atteignait aussi bien le clergé constitutionnel que les insermentés, et les administrations départementales stimulées

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