PREMIER CONCILE EN
poser leur tête, courbés presque tous sous le poids des infirmités,, luttant contre les menaces et les outrages; les voilà ces vertueux ecclésiastiques qui ont conservé la religion, le culte 1 . » « Quel spectacle sublime, dit-il ailleurs, présentaient à l'univers chrétien cette cinquantaine d'évêques la plupart atteints des infirmités de la vieillesse, outragés par la cour de Rome et toujours fidèles au saint-siége, persécutés et prêchant la soumission aux lois. Entre eux tous, ils n'ont peut-être pas le revenu d'un seul évêque de l'ancien régime 2. »
Nous n'avons pas à retracer l'histoire de ces deux conciles3, qu'il nous suffise d'en rappeler les résultats. Le premier fut convoqué en J 797 par les évêques réunis à Paris, et précédé par des élections régulières opérées dans les synodes provinciaux. Il fut ouvert à Notre-Dame, le 15 août 1797, par une prédication de Lecoz; le pieux évêque exprimait avec éloquence sa joie de voir la religion, naguère proscrite, sortir de son tombeau comme le Christ. « Qui de vous, disait-il, eût osé, je ne dis pas assurer, mais donner comme probable que dans peu l'on verrait réunis dans ce lieu saint ces pontifes vénérables, ces pasteurs vertueux, tous ces prêtres intrépides, qui naguère, tristes jouets d'une violente tempête, en butte à la plus horrible proscription, erraient de caverne en caverne ou gémissaient dans des cachots infects et ténébreux, pleurant non sur leur captivité, non sur le poids de leurs chaînes, mais sur la désolante cessation de culte. » L'orateur peignait ensuite le rétablissement de la religion en France. « Tels sont les faits non moins authentiques que prodigieux qui, depuis deux ans, se multiplient sur toute la surface de la République. Plus de quarante mille paroisses y ont repris, avec une sainte avidité, l'exercice du culte de leurs pères. Que ne pouvons-nous vous retracer ici ces scènes attendrissantes dont