ACTES DU PREMIER CONCILE GALLICAN. 3C
nous avons été témoins dans nos diocèses respectifs ! Vous verriez les hommes simples qui cultivent les champs, tressaillir d'aise au seul nom de Jésus-Christ. Vous verriez l'apparition seule d'un crucifix faire rayonner de joie leurs fronts si longtemps attristés. Que de pieuses larmes ont arrosé les pavés de ces temples à demi ruinés! Que de cris d'allégresse! Que de chants de reconnaissance ont tout à coup ébranlé ces voûtes ! » Le discours se terminait par un touchant appel à la concorde adressé au clergé réfractaire.
Le premier acte du concile fut de faire une profession solennelle de la foi catholique, puis d'écrire au pape pour le supplier de hâter l'œuvre de pacification dans l'Eglise de France. Une lettre était en même temps envoyée aux insermentés pour leur demander avec non moins d'instance de se prêter à une réunion si désirable pour la religion. Le concile fit preuve de l'esprit de largeur qui l'animait, dans le décret de pacification qu'il rendit. Sans renoncer aux principes constitutifs de l'Eglise qu'il représentait, il déclarait que tous les pasteurs et prêtres qui étaient restés fidèles à leur vocation étaient appelés indistinctement à l'exercice du ministère, quelle qu'eût été leur opinion sur les questions qui avaient divisé l'Eglise de France. Le décret contenait la clause suivante qui poussait les concessions aussi loin qu'il était possible : « S'il n'y a qu'un seul évêque pour un même diocèse, ou un seul curé pour une même paroisse, il sera reconnu de tous. Si une Eglise a deux évêques, l'un désigné et consacré avant 1791, l'autre élu et consacré depuis cette époque, le plus ancien sera reconnu; l'autre lui succédera de plein droit; cette disposition est commune aux curés. » Ainsi le clergé constitutionnel se montrait disposé à se sacrifier à la pacification, car cette clause écartait des sièges et des cures la majorité de ses membres. Le concile s'occupa de régler la nomination aux sièges vacants et l'ordre des services religieux, dans lesquels il voulait introduire la langue vulgaire pour les prières du prône. Il rendit sur la réforme des mœurs des fidèles et des ecclésiastiques un décret pénétré de la morale la plus austère ; l'amour de la patrie et l'obéissance aux lois y étaient vivement recommandés. Il