LE SECOND CONCILE DISSOUS PAR ORDRE
rendit aussi un décret spécial sur l'instruction et l'éducation des enfants et poussa à la fondation de nombreuses écoles chrétiennes. Enfin une demande expresse fut faite au saint-père de convoquer un concile œcuménique qui tranchât les graves questions pendantes.
Le second concile, qui s'ouvrit le 29 juin 1801 devant une foule immense, devait achever la réorganisation de l'Eglise de France et poursuivre l'œuvre de pacification, mais à peine formé il dut se dissoudre sur l'injonction du premier consul qui venait de signer le concordat. Le ministre de la police, chargé de transmettre les ordres du dictateur, écrivit au concile que ses premières séances avaient fait une impression profonde sur le gouvernement, mais que néanmoins il lui demandait de se séparer bénévolement. C'était égayer l'arbitraire. Le temps était venu où toute parole libre devait être étouffée dans l'Eglise et dans l'Etat. Le concile avait décidé avant sa séparation que des conférences publiques seraient proposées au clergé réfractaire pour débattre pacifiquement les points de divergence. Ces conférences furent inaugurées en grande pompe à Notre-Dame ; il n'y manqua que les opposants et le combat ne put commencer faute de combattants. Nous verrons, dans un prochain chapitre, par quelle transaction la pacification, vainement cherchée jusqu'alors, fut, non pas réalisée, mais imposée. Constatons seulement qu'à la veille du concordat l'Eglise constitutionnelle était en pleine prospérité et qu'elle devait son influence croissante à son indépendance. Le vénérable président du premier concile le reconnaissait hautement dans la lettre encyclique par laquelle il convoquait le second. «Quelques-uns d'entre vous, y lisons-nous, sont spécialement alarmés de ce que nos Eglises sont dépouillées de tous
leurs biens En ceci encore adorez la Providence divine.
Vous le savez, depuis longtemps les impies osaient dire que la religion de Jésus-Christ n'était soutenue et conservée que parles grands biens dont jouissaient ses ministres. Depuis longtemps aussi l'Eglise elle-même gémissait de voir entrer dans son sanc- Unire des hommes qui n'y paraissaient conduits que par la vue de ses richesses. Le Seigneur a voulu du même coup et confon-