‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 299 sur 373 · SITUATION DU PROTESTANTISME A CETTE ÉPOQUE · texte numérisé non relu

SITUATION DU PROTESTANTISME A CETTE ÉPOQUE

don des ennemis. Ce fut un de ses collègues, Julien de Toulouse, qui se chargea de soutenir Gobel dans l'infâme séance des apostasies. Cet exemple ne fut pas sans imitateurs. L'Eglise protestante de Paris s'était franchement associée à la rénovation politique du pays. L'Assemblée législative assista à un solennel service d'actions de grâces célébré dans son temple par le pasteur Marron. Malheureusement cette Eglise faiblit au temps des saturnales d'Hébert et de Chaumette; les coupes de la sainte Cène ainsi que les vases baptismaux furent portés à la Monnaie au nom du consistoire. Grâce au ciel, ces défaillances ne furent ni durables ni nombreuses. La majorité du clergé protestant resta fidèle à l'Evangile et de simples paysans montrèrent un courageux attachement à leur foi. Rabaut le jeune en donne une preuve touchante. Un vieux cultivateur avait été mis en prison dans le département du Gard pour avoir interrompu son travail le dimanche. Huit jours après, il se présente en habit de fête au comité et demande qu'on le conduise de nouveau en prison, parce que, dit-il, il ne peut pas travailler ce jour-là et qu'il volerait celui qui l'emploierait *. Pendant la période confuse et agitée qui s'écoula du commencement du Directoire au 18 brumaire, les Eglises protestantes tendent à se reconstituer. Elles participent sans doute au malheur des temps, elles sont pour la plupart dans la pauvreté, mais un réveil énergique de la foi les eût promptement relevées. La liberté était dans leur tradition; si elles l'eussent conservée, elles eussent bientôt repris leurs synodes généraux. Ce n'est certes pas le concordat qui les a rappelées à la vie, car il n'a fait que les enfermer dans un cadre étroit. Le protestantisme était debout et vivant aussi bien que le catholicisme quand Napoléon daigna s'occuper de la religion pour l'enchaîner.

Il nous semble que les faits exposés dans ce chapitre réfutent suffisamment l'assertion tant de fois répétée que le premier consul a relevé les autels. Les évêques de l'Eglise gallicane réunis à Paris en 1799, semblent avoir prévu ce mensonge his-

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