VRAI MOTIF DU CONCORDAT
disait Bonaparte l. Bonrrienne, en racontant cet entretien, ajoute : a VoiLà l'origine véritable du concordat. » On n'en peut douter un instant quand on se rend compte des opinions religieuses du premier consul, soit en parcourant sa correspondance, soit en saisissant au vol ces paroles brusques et pittoresques qui lui échappaient dans l'intimité ou même dans son conseil d'Etat. La religion est toujours considérée par lui au point de vue politique, comme un instrument de règne, un moyen efficace de dominer les esprits et de se les rattacher. Il se fait encore la première place dans ce domaine où il n'y a d'autre souveraineté acceptable que celle de Dieu. On ne peut sans doute l'accuser d'athéisme; sa haute intelligence se refusait à cette absurdité d'un monde aussi merveilleux que le nôtre enfanté par le hasard. « C'est à l'intelligence, a très bien dit M. Thiers, qu'il appartient de reconnaître l'intelligence dans l'univers, et un grand esprit est plus capable qu'un petit de voir Dieu à travers ses œuvres. » Ensuite l'athéisme est ennemi de l'ordre, de la subordination, de l'obéissance dans la société civile comme dans la société religieuse; à ce titre il devait déplaire au génie le plus gouvernemental qui ait existé. La rébellion ouverte envers le souverain du ciel était d'un mauvais exemple. Le général était donc sincère toutes les fois qu'il parlait de la grandeur divine, telle qu'elle ressort du spectacle de la création ou de ce ciel étoilé qu'il montrait un jour à Monge avec une émotion non feinte. Mais il ne fallait pas demander plus à l'homme de guerre ou au profond politique. Ce sentiment religieux assez vague dont il reconnaissait l'influence en lui-même, il était bien décidé à s'en servir et il ne cherchait pas tant à le satisfaire qu'à en tirer parti. Or il est peu de manières plus graves de le méconnaître et de l'orTenser. Toutes les fois que la religion est considérée non comme un but, comme le but suprême, mais comme un moyen de réaliser des fins terrestres et personnelles, elle est méconnue dans son essence. Nous aimons à croire que sur le rocher de Sainte-Hélène un rayon divin a traversé le cœur tour-