‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 309 sur 373 · SON DISCOURS AUX CURÉS DE MILAN · texte numérisé non relu

SON DISCOURS AUX CURÉS DE MILAN

sa politique du moment, qui consiste à foncier des républiques en Italie ; il ne tarit pas en louanges sur leur compte, il les compare à Fénelon et déclare que « de tels prêtres sont le plus beau présent que le ciel puisse faire à un gouvernement » À vrai dire, il n'aimait le républicanisme chez les prêtres que comme une marque de leur docilité à recevoir sa consigne. Il ne leur commanda pas longtemps ce genre d'opinion, et La vertu cardinale qu'il estima le plus chez eux fut l'empressement à se soumettre au pouvoir temporel. « Je ne conçois pas de caractère plus respectable et plus digne de la vénération des hommes, écrivait-il à l'évêque de Malte après la conquête de l'île, qu'un prêtre qui plein du véritable esprit de l'Evangile est persuadé que ses devoirs lui ordonnent de prêter obéissance au pouvoir temporel et de maintenir la paix dans son diocèse 2. »

La vraie pensée de Napoléon, celle qui a présidé au concordat, ressort avec la plus grande clarté du discours qu'il a adressé aux curés de Milan au mois de juin 1800, à la veille de Marengo. Il ne faut pas oublier qu'il parlait surtout pour Paris et pourRome.Ce discours mérite d'être reproduit comme la préface du concordat.

o J'ai désiré de vous voir tous rassemblés ici, dit le général, afin d'avoir la satisfaction de vous faire connaître par moi-même les sentiments qui m'animent au sujet de la religion catholique, apostolique et romaine. Persuadé que cette religion est la seule qui puisse procurer un bonheur véritable à une société bien ordonnée et affermir la base des bons gouvernements, je vous assure que je m'appliquerai à la protéger et à la défendre dans tous les temps et par tous les moyens. Vous, les ministres de cette religion qui certes est aussi la mienne, je vous regarde comme mes plus chers amis; je vous déclare que j'envisagerai comme perturbateur du repos public et ennemi du bien commun, et que je saurai punir comme tel de la manière la plus rigoureuse et la plus éclatante, et même s'il le faut de la peine de mort, quiconque fera la moindre insulte à notre commune reli-

1. Correspondance de Napoléon, t. U , lettre du 10 septembre 1797.

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