SON DISCOURS AUX CURÉS DE MILAN
gion et qui se sera permis le plus léger outrage envers vos personnes sacrées. Mon intention formelle est que la religion chrétienne, catholique et romaine soit conservée dans son entier, qu'elle soit publiquement exercée et qu'elle jouisse de cet exercice public avec une liberté aussi pleine, aussi étendue, aussi inviolable qu'à l'époque où j'entrais pour la première fois dans ces heureuses contrées. Actuellement que je suis muni de pleins pouvoirs, je suis décidé à mettre en œuvre tous les moyens que je croirai les plus convenables pour assurer et garantir cette religion. Les philosophes modernes se sont efforcés de persuader à la France que la religion catholique était l'implacable ennemie de tout gouvernement républicain. De là cette cruelle persécution que la République exerça contre la religion et ses ministres : de là toutes les horreurs auxquelles fut livré cet infortuné peuple. La diversité d'opinions qui à l'époque de la Révolution régnait en France , au sujet de la religion , n'a pas été une des moindres sources de ces désordres.
« L'expérience a détrompé les Français... Moi aussi, je suis philosophe et je sais que dans une société quelle qu'elle soit, nul homme ne saurait passer pour juste et vertueux s'il ne sait d'où il vient et où il va. La simple raison ne saurait nous fixer là-dessus; sans la religion on heurte continuellement dans les ténèbres, et la religion catholique est la seule qui donne à l'homme des lumières certaines sur son principe et sa fin dernière. Nulle société ne peut exister sans morale, il n'y a pas de bonne morale sans religion; il n'y a donc que la religion qui donne à V Etat un appui ferme et durable. Une société sans religion est comme un vaisseau sans boussole. La France instruite par ses malheurs a rappelé dans son sein la religion catholique. Je ne puis pas disconvenir que je n'aie contribué à cette belle œuvre. Je vous certifie qu'on a rouvert les églises en France où la religion catholique reprend son ancien éclat, et que le peuple voit avec respect ces saints pasteurs qui reviennent pleins de zèle au milieu de leurs troupeaux abandonnés. Quand je pourrai m'aboucher avec le nouveau pape, j'espère que j'aurai le bonheur de lever tous les obstacles qui pourraient s'opposer encore