‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 311 sur 373 · SES CONFIDENCES A LA MALMAIS0X · texte numérisé non relu

SES CONFIDENCES A LA MALMAIS0X

à l'entière réconciliation de la France avec le chef de l'Eglise. Voilà ce que je voulais vous communiquer au sujet de la religion chrétienne catholique et romaine. Je désire que l'expression de ces sentiments reste gravée dans vos esprits, — que vous mettiez en ordre ce que je viens de dire, et j'approuverais qu'on en fasse part au public par la voie de l'impression, — afin que mes dispositions soient connues non-seulement en Italie et en France, mais encore dans toute l'Europe *. »

Le premier consul parle en vrai confesseur de la foi; seulement il parle surtout pour l'écho européen et il a beau enfler la voix, il ne dépasse pas Tordre politique. Il fait une avance à l'opinion catholique, et il compte qu'elle y répondra. C'est une affaire, une négociation qui s'engage; c'est un acte de chef d'Etat où le chrétien n'a rien à voir. S'il n'a pas craint, lui, le représentant armé de la France, de menacer de la peine de mort les moindres délits religieux, c'est que l'orateur, selon sa coutume, se fait tout à tous; il se fait Italien pour les prêtres italiens; il ne songe qu'à son calcul du moment. Si l'on en doutait, on n'a qu'à l'entendre quelques mois plus tard non plus en grand apparat officiel sous les voûtes de la cathédrale de Milan, mais à la Malmaison, dans un entretien intime avec un de ses familiers. C'était à l'époque où les négociations avec la cour de Rome étaient en pleine activité. Le premier consul avait mis l'entretien sur les idées religieuses; il avait qualifié d'idéologie, — ce qui était pour lui le dernier terme du mépris, — les opinions purement philosophiques telles que le déisme. Il avait parlé de l'émotion qu'il avait ressentie naguère en entendant la cloche de Rueil, « tant est forte la puissance de l'habitude et de l'éducation. » Un homme si occupé ne parlait pas de ses idées et de ses émotions pour le simple plaisir de les exprimer. On pouvait être assuré qu'il avait une intention cachée et un but précis. En effet, ces épanchements étaient destinés à introduire une communication grave. «Je me suis dit, ajouta-t-il aussitôt, quelle impression tout cela ne doit-il pas faire sur l'homme simple et crédule, que vos philosophes et vos idéo-

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