‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 317 sur 373 · EXPLICATIONS BU PREMIER CONSUL · texte numérisé non relu

EXPLICATIONS BU PREMIER CONSUL

partisans les plus sincères du catholicisme, après avoir été aussi longtemps victimes de l'inquisition politique, n'aspiraient qu'à une parfaite liberté religieuse. Le vœu général de la nation se bornait à ce que toute persécution cessât désormais contre les prêtres, et que Ton n'exigeât plus d'eux aucune espèce de serment, enfin que l'autorité ne se mêlât en rien des opinions religieuses de personne. Ainsi donc le gouvernement consulaire eut contenté l'opinion en maintenant en France la tolérance telle qu'elle existe en Amérique. Mais le premier consul savait que si le clergé reprenait une consistance politique, son influence ne pourrait seconder que les intérêts du despotisme ; ce qu'il voulait, c'était préparer les voies pour arriver au trône. Il lui fallait un clergé comme il avait des chambellans i. » Mais en attendant que les nouveaux chambellans entrassent en fonction, il fallait expliquer aux anciens les motifs d'un projet qui ne souriait qu'à son auteur. C'est ce que fit le premier consul dans des entretiens fréquents avec ses familiers, toujours terminés par la triomphante réplique de celui qui pouvait tout.

A ceux qui lui conseillaient de ne pas se mêler de querelles religieuses et de se contenter de protéger également tous les cultes, il répondait que le pouvoir ne pouvait être indifférent à la religion dans un pays religieux. Gomme si l'intervention de l'Etat n'était pas surtout dangereuse et propre à soulever les conflits les plus graves là où fermentent des convictions ardentes, naturellement susceptibles à l'excès ! Que penser de cet argument que le gouvernement ne pouvait être désintéressé dans les querelles de diverses Eglises et qu'il devait se poser comme juge du combat. L'histoire proclamait d'une façon suffisamment claire, que le plus sûr moyen d'envenimer et d'éterniser les disputes théologiques c'était que l'Etat tentât d'opérer des réconciliations forcées qui ne sont au fond qu'une paix hypocrite obtenue par l'abaissement de l'un des partis. En vérité ce n'était pas la peine d'être un grand génie pour recommencer la tragi-comédie byzantine. Au fond l'apaisement de ces

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