‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 318 sur 373 · EXPLICATIONS LU PREMIER CONSUL · texte numérisé non relu

EXPLICATIONS LU PREMIER CONSUL

querelles lui importait assez peu; son molif était plus simple, il l'exprimait sans ambage par ces mots : « Dans le régime de la liberté, le gouvernement ne pourrait s'emparer de l'administration religieuse par un sage accord avec le saint-siége. Nous n'avons jamais vu d'Etat sans religion, sans culte, sans prêtres. Ne vaut-il pas mieux organiser le culte et discipliner les prêtres que de laisser les choses comme elles sont? Au lieu de déporter les prêtres qui prêchent contre le gouvernement, ne vaut-il pas mieux se les attacher? Je vous dis que les prêtres qui accepteront des fonctions feront scission avec les anciens titulaires et seront intéressés à empêcher leur retour *. » Quand on le pressait de se mettre lui-même à la tête du clergé, et qu'on lui représentait, bien à tort, que d'un mot il ferait la France protestante : o Ne faudrait-il point, répondait-il, que je fisse tout le contraire d'Henri IV? Vous n'y entendez rien; la moitié de la France restera catholique. — Nous aurons d'interminables querelles 2. » On voulait au moins qu'il ne traitât pas avec Rome et on essayait de l'effrayer sur le pouvoir de la papauté. Mais ce pouvoir à distance, maintenu strictement dans d'étroites limites, le rassurait au lieu de l'inquiéter ; il y voyait un moyen commode de réaliser ses plans favoris. Il trouvait alors le pouvoir temporel de la papauté une admirable combinaison, uniquement parce qu'il se prêtait à ses vues. « Les siècles ont fait cela, et ils l'ont bien fait; » tel était son langage quand il s'imaginait qu'ils l'avaient fait pour lui et pour son intérêt. On pouvait être assuré qu'il déferait en un jour cette œuvre séculaire dès qu'il le croirait utile à sa politique. « Il me faut un pape, répétait-il à son entourage, mais il me faut un pape qui rapproche au lieu de diviser, qui réconcilie les esprits, les réunisse et les donne au gouvernement sorti de la Révolution. Et pour cela il me faut le vrai pape, catholique, apostolique et romain. » — Il me faut un pape ! — Il ne s'agit pas de savoir si ce pape n'a pas des droits sur l'Eglise catholique, si ce n'est pas à la religion elle-même qu'il est

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