‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 320 sur 373 · INTERDICTION DES DISCUSSIONS RELIGIEUSES. A · texte numérisé non relu

INTERDICTION DES DISCUSSIONS RELIGIEUSES. A

préliminaires de la paix religieuse, dont il nous reste à suivre les non moins édifiantes péripéties.

Tout le monde en France ne pouvait avoir l'avantage d'être persuadé directement par l'éloquence vive et originale du premier consul. Aussi il était à craindre que le mouvement de l'opinion ne se prononçât contre ses vues s'il n'était surveillé et contenu avec soin. La liberté de la presse était suspendue, rien n'était plus facile que d'interdire toute discussion gênante sur les affaires religieuses. Le mot d'ordre fut donné aux préfets. Une circulaire du préfet de la Seine-Inférieure aux journalistes de son ressort mérite d'être conservée dans les annales de la littérature administrative, qui possède déjà tant de richesses curieuses : « Les intérêts de la terre, écrivait ce fonctionnaire, suffisent à l'aliment de votre feuille. Prouvez votre respect pour ceux du ciel en vous abstenant d'en parler1. » La conclusion était une menace de suspension immédiate de toute feuille assez mal avisée pour montrer à la religion cet insolent mépris qui consiste à ne pas la passer entièrement sous silence. Le moment des communications officielles aux grands corps de l'Etat n'était pas encore venu. C'est donc dans l'ombre et le silence qu'allait se préparer ce qu'on est convenu d'appeler la paix religieuse. Silentium faciunt et pacem appellant.

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