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DÉBUTS DE LA NÉGOCIATION

désespérante lenteur du saint-siége. Le premier consul lui <x\n: t donné au départ une instruction pleine de sagesse qu'il eût bien fait d'observer lui-même. «Traitez le saint-père, lui avait-il dit, comme s'il avait une armée de deux cent mille bommes. » Malheureusement il se souvenait trop qu'il en avait cinq cent mille. 11 eût mieux valu se rappeler que le pape, dans l'ordre spirituel, était le chef d'une Eglise répandue dans le monde entier l.

L'abbé Dernier commença par communiquer à Monseigneur Spina le projet du premier consul qui, outre les clauses déjà mentionnées, demandait une renonciation formelle de la papauté aux biens nationaux. Cela souleva une première difficulté. Les autres points qui portaient ombrage au saint-siége furent également vivement disputés. Monseigneur Spina se refusait au nom de la papauté à la destitution des anciens évêques qui ne donneraient pas leur démission, et proposait qu'on attendit leur mort pour les faire remplacer, tout en confiant aux chapitres l'administration de leurs diocèses. Fatigué de ces lenteurs, le premier consul envoya directement à Rome son plan de concordat tout rédigé. Ii reçut pour réponse un contre-projet qui lui refusait précisément les satisfactions qu'il demandait, car le saint-siége insistait sur la proclamation d'une religion d'Etat, et ne consentait ni aux destitutions d'évêques en cas de refus de démission, ni à la nomination des évêques constitutionnels qui n'auraient pas obtenu leur pardon, ni même à la renonciation formelle aux

1. Sur les négociations du concordat nous citerons en fait de pièces inédites le portefeuille de pièces qui s'y rapportent aux Archives de l'Empire. La correspondance de l'abbé Bernier, de Monseigneur Spina et du cardinal Caprera. est au ministère des cultes, mais elle est inabordable on ne sait pourquoi. — Voir le Moniteur; — les Annales de la Religion, du vol. XIII au vol. XVill ; — l'Histoire de Pie VII, par le chevalier Artaud, vol. I; — le vol. IT des Quatre Concordats, de l'abbé de Pradt;— la correspondance générale de Napoléon, sa correspondance avec le cardinal Fesch, insérée dans le premier volume de l'Histoire des négociations diplomatiques relatives aux traités de Mor fontaine, de Lunéville et d'Amiens; — le Recueil des rapports et discours de Portalis, publiés par son fils; — nous rappelons enfin l'exposé si merveilleusement lucide de M. Thiers dans le troisième volume de Y Histoire du Consulat et de VEmpire.

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