‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 326 sur 373 · GOXZALVI SE REND A PARIS · texte numérisé non relu

GOXZALVI SE REND A PARIS

dément son voyage en écrivant avant de partir au chevalier Acton, alors à Xaples, une malencontreuse lettre où il se posait en martyr marchant au supplice. Cette lettre ne manqua pas d'être envoyée et lue à Paris. Le timide Italien avait en effet une grande frayeur de passer les Alpes. Il lui semblait qu'il allait descendre au sein d'une horde sauvage. Quand il se vit bien accueilli,, courtoisement traité, dans une brillante capitale qui reprenait les habitudes de la religion, il se rassura; sa première entrevue avec le premier consul commença par le froncement de sourcil de l'impatient général et se termina par ce fin et charmant sourire qui était le signe de sa satisfaction et l'une de ses plus grandes séductions.

Les menaces de rupture suivies d'un commencement d'exécution avaient contribué à Rome à incliner l'opinion vers les concessions. Sans doute les agents de l'étranger s'efforçaient encore de soulever et d'exploiter les susceptibilités religieuses d'ailleurs fort naturelles en cette circonstance. On répétait encore dans la société et dans le peuple cette courte et mordante satire :

Pio (VI) per conservar la fede

Perde la sede Pio (VII) per conservar la sede

Perde la fede.

On essayait aussi d'ébranler l'esprit vacillant du pape en faisant passer sous ses yeux de faux Moniteurs, imprimés pour l'occasion, et qui contenaient de prétendues proclamations du général Bonaparte dans la guerre d'Egypte où il se vantait d'avoir détruit le saint-siége. Il semble que ses proclamations authentiques eussent pu suffire pour inquiéter légitimement la cour de Rome. Mais des conseils différents tendaient de plus en plus à prévaloir auprès du saint-père et le poussaient à la conclusion de la paix religieuse. Il faut convenir qu'ils n'étaient pas empruntés à un ordre de considérations beaucoup plus élevé que celui qui guidait la politique française. Les conseillers favorables au concordat insistaient sur la nécessité de tout faire pour

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