‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 327 sur 373 · OPINION A ROME INCLINE AU CONCORDAT · texte numérisé non relu

OPINION A ROME INCLINE AU CONCORDAT

rétablir le pouvoir temporel dans ses anciennes limites; ils disaient que la capitale du saint-siége n'était plus en proportion avec les provinces qu'il possédait encore et qu'en se montrant agréable au premier consul on pouvait espérer d'obtenir de sa bienveillance ou la principauté de Sienne, ou la restitution des Légations ou un agrandissement vers la marche d'Ancone, « car c'est le premier consul , disait-on , qui distribue aujourd'hui les parts en Italie » « Terminons le concordat qu'il désire , ajoutaient d'autres conseillers du même parti; on connaîtra, quand il sera ratifié, toute l'immensité de son importance religieuse, et le pouvoir qu'il donne à Rome sur Vépiscopat dans tout l'univers. » Ainsi restauration complète du pouvoir temporel, extension plus grande encore du pouvoir spirituel du pape devenu pour la première fois depuis dix-huit siècles maître absolu de l'épiscopat, voilà bien les motifs déterminants de la conclusion de ce traité; disons mieux, de ce marché d'ambition qui devait en définitive coûter si cher aux deux contractants. Ce fut le 15 juillet 1801 que le concordat fut signé entre le cardinal Gonzalvi et Joseph Bonaparte, chargé simplement par son frère de sanctionner la négociation. Les dernières instructions du premier consul à son frère lui enjoignaient d'insister sur l'éligibilité desévêques constitutionnels sans rétractation, « chose qu'on ne peut exiger d'eux sans les déshonorer et sans compromettre l'autorité temporelle qui les a toujours appuyés, surtout lors de l'Assemblée constituante 2. » Le cardinal Gonzalvi avait vainement essayé d'obtenir que la religion catholique fût déclarée la religion dominante de h\ France. On s'était contenté de mettre dans le préambule qu'elle était la religion de la majorité des Français, et dans la conclusion que dans le cas où un successeur du premier consul serait protestant on prendrait des arrangements nouveaux, ïl est évident qu'il y avait dans ces deux clauses un retour timide et embarrassé à un culte officiel. Gonzalvi trouva également le gouvernement français inflexible sur le remplacement immédiat

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