‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 330 sur 373 · OPPOSITION DANS LES COUPS POLITIQUES · texte numérisé non relu

OPPOSITION DANS LES COUPS POLITIQUES

que le pape n'y marchait qu'à regret et faisait surgir à chaque pas des incidents qui arrêtaient soudain l'affaire. D'abord le premier consul devait faire accepter le concordat par le corps législatif comme un traité passé avec une puissance étrangère. L'opinion publique était tellement contraire à la nouvelle mesure, qu'elle pouvait animer ce fantôme de parlement et donner quelque réalité à son opposition. C'est ce qui arriva effectivement. Au conseil d'Etat, où le concordat fut présenté le 6 août 1801. l'accueil fut froid et silencieux. Or, la froideur et le silence du conseil d'Etat de 1801 étaient très significatifs et correspondaient dans le thermomètre de l'opinion publique à l'émeute dans la rue et à l'opposition la plus vive dans une assemblée délibérante librement élue. Tout est relatif ici-bas. Quand ceux qui ont coutume d'applaudir se taisent, il faut que l'esprit d'opposition les possède puissamment. Ce silence glacial était d'autant plus étrange que le premier consul avait pris la peine d'expliquer lui-même son œuvre et qu'on avait pu admirer en lui, selon l'expression de son historien, cette éloquence simple et nerveuse que Cicéron appelait chez César vim CœsarisK Pourtant, ce jour-là, son éloquence échoua contre le mécontentement des hommes sur lesquels il pouvait le plus sûrement compter. Un second embarras venait du concile du clergé constitutionnel qui, précisément à ce moment, tenait ses séances à Paris avec une grande dignité, et qui avait été très utile au premier consul; il en avait fait un épouvantail pour la cour de Rome2. Il fallait lui imposer silence et le dissoudre afin de pouvoir affirmer ensuite, qu'avant le concordat la religion chrétienne était en pleine décadence dans le pays et attendait impatiemment le nouveau C) rus. Dissoudre une réunion, fût-elle un concile, n'était pas ce quî gênait l'homme du 18 brumaire, mais il n'eut pas même besoin d'agir, car le concile, sur des conseils qui faisaient prévoir des ordres, se sépara le 10 août. Le concordat n'était pas

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