Mémoires sur le Consulat, p
2. Mémoires sur les affaires ecclésiastiques de France au commencement du dix-neuvième siècle, \, p. 24.
OPPOSITION DANS LES CORPS POLITIQUES. -il 3
encore connu, et le clergé constitutionnel avait un vague espoir que l'on préparait une pacification sérieuse de l'Eglise de France.
Le clergé constitutionnel se montrait, en général, très disposé à se démettre de ses fonctions dans l'intérêt du bien public, à la condition que la démission ne fût pas imposée par la papauté. « Si le pontife de Rome déclarait nos sièges vacants, écrivait Moïse, évêque du Jura, dans un mémoire adressé au premier consul, nous lui dirions qu'il n'en a pas le droit, et qu'ils sont plus canoniquement remplis que celui de saint Pierre. »
Des difficultés plus graves attendaient Napoléon de la part des corps politiques. Nous avons constaté l'attitude du conseil d'Etat et son silence désapprobateur. Le corps législatif ne parlait jamais, mais il votait ; en appelant à sa présidence Dupuis, l'auteur du livre impie intitulé : l'Origine de tous les cultes, et en désignant Grégoire comme candidat au sénat, il marqua, de la manière la plus énergique, son opposition au concordat. Le sénat lui-même, le sénat conservateur, s'oublia jusqu'à sanctionner un choix évidemment désagréable au maître. Quant au tribunat qui seul parlait, mais qui parlait sans voter, et qui était par là même poussé à mettre dans ses discours une énergie qui en compensât l'inefficacité, il montra, à l'occasion de la présentation du Gode civil, une opposition si vive, qu'on put prévoir dans quels termes il s'exprimerait sur le concordat, bien autrement impopulaire, si on le livrait à son appréciation passionnée, Les généraux eux-mêmes n'en voulaient pas et s'en moquaient ouvertement. On sait quel fut le résultat de cette opposition : il fallut un second coup d'Etat, renchérissant sur le premier, pour préparer l'adoption du traité avec la cour de Rome, coup d'Etat sans franchise, qui profita d'une équivoque de la Constitution pour renouveler le corps législatif et le tribunat au gré du pouvoir exécutif. Ce moyen ingénieux de faire tomber toute résistance fut de l'invention du consul Cambacérès. « En ayant l'air de se servir de notre Constitution, disait-il, on peut faire le bien avec elle. » Je ne vois pas, en effet, quel obstacle on pourrait jamais rencontrer dans aucune constitution du monde, quand on a l'art de l'interpréter comme Cambacérès. Celle de