‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 332 sur 373 · ÉPURATION DU CORPS LÉGISLATIF ET DU TMBUXAT · texte numérisé non relu

ÉPURATION DU CORPS LÉGISLATIF ET DU TMBUXAT

l'an VIII portait que le premier renouvellement du corps législatif et du tribunat aurait lieu dans le cours de Tan X. Le pouvoir exécutif n'avait qu'à choisir son moment. Cambacérès pensait qu'au lieu de confier au sort le soin de désigner les membres sortants, il fallait procéder à cette élimination par un scrutin qui permettrait un utile triage. On se débarrasserait ainsi des opposants, et le tour serait fait. Seulement on se demande à quoi pouvait servir désormais la machine législative, et pourquoi on s'astreignait à jouer cette pitoyable comédie? Le premier consul adopia avec empressement le plan de Cambacérès, qui donnait tous les avantages d'un coup d'Etat, moins le ressentiment et le scandale, et qui faisait illusion à ceux pour lesquels la violence rusée n'est pas le plus honteux des spectacles. Une mesure qui, pour passer, avait dû provoquer de tels actes, n'était-elle pas jugée par cela même?

Quant au pape, outre ses scrupules, il rencontrait plus d'un obstacle sur sa route. Il n'était pas certain que tous les évêques consentissent à donner leur démission. Les constitutionnels ne firent aucune résistance, non plus que la majorité des prélats de l'ancien clergé ; mais les évêques réfugiés en Angleterre déclarèrent ouvertement qu'ils ne céderaient pas, parce qu'ils avaient pour eux la tradition. « Le droit de notre ministère, disaient-ils dans le Mémoire qu'ils envoyèrent au pape, semble nous demander que l'on ne rompe jamais facilement ce lien qui nous a unis aux Eglises immédiatement confiées à notre sollicitude par la providence du Dieu très haut. » On peut voir par les Mémoires de Grégoire combien l'agitation fut vive à Londres dans le haut clergé de l'ancienne Eglise de France. Il y eut une guerre de plumes des plus acerbes, toute une escarmouche de brochures. Il paraît que la dévotion féminine intervint avec une passion extraordinaire dans cette querelle. Lally-Tollendal, qui prit parti pour les démissions, se plaignit vivement de ce que « le gouvernement de l'Eglise tombait en quenouille. » Cependant les évêques réfugiés en Angleterre avaient bien quelque droit à faire valoir de sérieuses réclamations. De nombreux évêques en Allemagne et ailleurs souscrivirent à leurs conclusions, mais le pape passa

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