‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 335 sur 373 · LE CONCORDAT PRÉSENTÉ AU TRIBUN AT · texte numérisé non relu

LE CONCORDAT PRÉSENTÉ AU TRIBUN AT

sition, le gouvernement ordonna une enquête sur l'état de l'opinion en France. Naturellement, il obtint de ses préfets la réponse qu'il désirait. Ils se hâtèrent de mander qu'après information ils pouvaient assurer que les Français tenaient au culte catholique presque autant qu'à la vie, et qu'il fallait bien se garder de juger les départements par Paris. Il n'y avait pas de plus sûr moyen de faire sa cour à cette époque que de peindre le réveil de la foi en vives couleurs. C'est du moins ce que nous apprennent les Mémoires ecclésiastiques auxquels nous empruntons ces renseignements K On aurait pu cependant reprocher à MM. les préfets un zèle maladroit, car si l'attachement au christianisme était demeuré si vif dans le pays, il n'était plus possible d'attribuer au premier consul le rétablissement de la religion. Les mêmes Mémoires remarquent que les plus chauds partisans du concordat se trouvaient parmi les grands propriétaires, non qu'ils fussent au fond vraiment religieux, mais parce qu'ils regardaient la religion comme la plus sûre garantie de leurs propriétés. « Leur désir était de voir les affaires ecclésiastiques se terminer n'importe de quelle manière, et s'il fût entré dans les intérêts du premier consul de changer la religion, plusieurs n'auraient pas été très éloignés de le seconder 2. »

Le concordat et les lois organiques furent présentés au tribunal épuré, le 17 germinal an X. Siméon fut le rapporteur du projet. Il commença par établir que la religion catholique n'était point hostile aux institutions de la France, puisqu'elle avait toujours enseigné la soumission aux puissances établies. «Il a fallu revenir à la religion, disait l'orateur, comme aux formes protectrices de l'autorité politique. Pour gouverner les hommes, il faut s'aider de leurs sentiments. Or, le sentiment religieux est au fond de leur cœur. L'Assemblée constituante avait reconnu avec raison que la religion était un des plus anciens et des plus puissants moyens de gouverner ; il fallait la mettre, plus qu'elle ne Vêtait, sous la main du gouvernement. Son seul tort fut de ne pas se con-

1. Mémoires sur les affaires ecclésiastiques de la France au commencement du dix-neuvième siècle, I, p. 32.

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