‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 347 sur 373 · AÏO SERVILITÉ DU HAUT CLERGÉ · texte numérisé non relu

AÏO SERVILITÉ DU HAUT CLERGÉ

belle découverte qu'il se hâta de communiquer à son diocèse : c'est que la guerre qui commençait était la guerre de la paix1. Les hommages rendus par le clergé au chef de l'Etat égalaient tout ce que l'on avait vu de plus excessif sous l'ancienne monarchie. « On ne saurait rendre trop d'honneur, lisons- nous dans une circulaire de Portalis du 4 messidor an XI, et témoigner trop de reconnaissance, de respect et d'amour au restaurateur de la religion et de l'Etat. » Le clergé le reçoit sur le seuil du temple en chantant l'antienne. Ecce mitto angc.lum meum qui prœparabit viam meam. Après l'aspersion il est conduit au maîtreautel et l'on entonne le Salvum. Dans les circonstances solennelles on impose au clergé des protestations de dévouement exceptionnel. À l'occasion de la conspiration de pluviôse an XII, Portalis écrivit aux évêques une circulaire ainsi conçue : « Dans un tel moment, c'est aux ministres de la religion à éclairer les citoyens par leurs instructions et à leur faire sentir plus que jamais ce qu'ils doivent de reconnaissance, d'attachement et d'amour à un gouvernement restaurateur du culte, protecteur de tous les gens de bien et réparateur de tous les maux qui ont si longtemps affligé la France. » Les adresses du clergé ne laissèrent rien à désirer aux plus dévots courtisans; le premier consul dans l'audience qu'il lui accorda à cette occasion lui exprima sa vive satisfaction et surtout le plaisir qu'il éprouvait à voir les ecclésiastiques en habit long. La milice sainte avait pris l'uniforme qu'il avait décrété, avec autant d'empressement que ses soldats, et elle n'était pas moins disposée à accepter ses consignes. Comment n'aurait-il pas applaudi aux paroles suivantes adressées par Févéque de Dijon à ses curés avant la prestation de leur serment : « Après que les préfets et les maires, parlant à leurs administrés comme citoyens, leur auront communiqué les lois ou les arrêtés du gouvernement et leur auront fait de leur exécution un devoir social, les pasteurs, parlant toujours dans le même sens à leurs administrés comme chrétiens, leur en feront un devoir moral. Le magistrat poli-

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