‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 348 sur 373 · Annales de la Religion, XVII, p · texte numérisé non relu

Annales de la Religion, XVII, p

SERVILITÉ DU HAUT CLERGÉ. Ul

tique en chargera leur honneur; le magistrat religieux en chargera leur conscience! Celui-là y attachera leur intérêt temporel; celui-ci leur salut éternel. Ainsi naît un régime d'après lequel la morale nait de la législation et par lequel la correspondance, le concours et l'unité d'action s'établissent entre deux gouvernements faits l'un pour l'autre » Certes jamais la religion ne s'est plus docilement attelée au char de l'Etat. Quel asile resterait-il à la liberté dans le monde quand le pouvoir spirituel et le pouvoir civil formeraient ainsi deux cercles parfaitement concentriques et que l'évêque ne serait plus qu'un préfet en habit long? Est-il une abjection comparable pour une Eglise? Ce fut pourtant son rôle après ce concordat si vanté.

Le chef de l'Etat se sentait chez lui dans les temples chrétiens comme dans son propre palais. Il y faisait lire au prône les bulletins de la grande armée. Quand il s'agissait d'en réparer les pertes par ces formidables levées de conscrits que son sénat lui accordait si bénévolement , il demandait à ses évêques d'aider ses préfets à lui ramener les réfractaires. Le gouvernement biâmait sévèrement toute marque de pitié pour tant d'infortunés jeunes gens envoyés à la guerre avant l'âge. Il fit saisir par ses gendarmes dans la sacristie d'une église un conscrit qui était au moment de se confesser2. Au reste, les prêtres suppléaient fréquemment la gendarmerie dans ce triste office. Quand on a constaté à quel degré d'abaissement s'est laissé réduire la plus grande partie du clergé concordataire, on ne peut que souscrire à ces paroles de Grégoire, malgré leur âpre sévérité : « Ne sont-ce pas les mêmes hommes qui ont ordonné tant de Te Deum pour des victoires, pour toute espèce de scènes de carnage, même celles de la guerre sacrilège d'Espagne? Ne sont-ce pas les mêmes hommes qui, à la chute du potentat, ont, avec cette multitude de sénateurs, conseillers, préfets, juges, magistrats, conspué l'homme qu'ils encensaient la veille? Ne sont-ce

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