‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 350 sur 373 · SURVEILLANCE MINUTIEUSE EXERCÉE SUR LE HAUT CLERGÉ. ÏA'S · texte numérisé non relu

SURVEILLANCE MINUTIEUSE EXERCÉE SUR LE HAUT CLERGÉ. ÏA'S

C'est ainsi que le nouveau despotisme profanait tout ensemble la religion et l'enfance et se montrait deux fois sacrilège. Il ne lui manquait plus que de faire élever sur la colonne Vendôme la statue du dieu Mars sous les traits du général Bonaparte et qu'à réclamer l'adoration à l'exemple des Césars romains. La papauté poussa la condescendance jusqu'à approuver hautement le fameux catéchisme et le légat en recommanda l'usage dans tous les diocèses.

On a beau avoir dans sa main une Eglise asservie ; c'est toujours une tâche difficile et périlleuse que de régenter les puissances spirituelles. L'esprit souffle où il veut et se moque de l'administration la mieux constituée; il passe au travers des mailles du réseau légal dont on a essayé de l'enlacer. De là pour le despote qui veut tout régler, tout dominer, tout inspirer, une perpétuelle inquiétude. Napoléon aurait voulu que nulle parole publique ne retentît dans l'empire sans l'apostille de ses préfets. Ceux-ci devaient surveiller de très près tous les mandements épiscopaux. Le gouvernement se plaignait de ce que la philosophie moderne était trop souvent mise en cause dans les prônes ou les sermons. Le chef de l'Etat corrigeait lui-même les pièces qui sortaient de l'archevêché de Paris; la plus grande vigilance était recommandée aux évêques sur les prédicateurs qui montaient dans leurs chaires et qui avaient le privilège si redouté du gouvernement de s'adresser au peuple. On leur interdisait la controverse. Un prédicateur fut jeté en prison pour avoir fait une philippique contre Voltaire et Rousseau, et l'autorité supérieure ne blâma pas l'acte en lui-même, mais seulement l'irrégularité administrative qui l'avait accompagné. Un préfet ennemi de l'austérité blâma son évêque d'avoir trop insisté sur le maigre en temps de carême V. Les missions n'étaient pas moins strictement surveillées. En 1807 les missions intérieures furent supprimées par le motif qu'elles agitaient le peuple. Quant aux missions étrangères, Napoléon ne voulait les autoriser

i. Voir tous ces détails et bien d'autres dans les Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique du dix-neuvième siècle, T, p. 211-237.

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