PLUS DE 500 PRÊTRES INCARCÉRÉS
on ne sait pas assez qu'il appliqua aux prêtres des mesures plus que sévères. Avant le concordat, un prédicateur nommé Fournier, qui avait développé des maximes ultramontaines dans la chaire de Saint-Roch, fut jetéàBicêtre comme fou. Le clergé de Paris,, s'étant présenté aux Tuileries pour faire au premier consul quelques réclamations, celui-ci répondit en ces termes : « Le préfet n'a agi que par ordre du gouvernement. J'ai voulu vous prouver que si je mettais mon bonnet de travers, il faudrait que les prêtres obéissent à la puissance civile1. » Son bonnet fut rarement du bon côté, car durant son règne plus de cinq cents prêtres furent mis en prison sans jugement 2. Sauf l'effusion du sang, il suivit La plus mauvaise pratique révolutionnaire dans les affaires ecclésiastiques.
Le concordat n'avait point réconcilié les deux clergés ennemis et leurs querelles amenèrent sans cesse la fâcheuse et tyrannique intervention de l'Etat3. 11 nous reste à établir qu'il n'avait pas davantage consolidé la paix entre le gouvernement de la France et le saint-siége. Les articles organiques avaient été un premier ferment de discorde, car ils avaient été arrêtés par un seul des contractants au détriment de l'autre sans aucune entente préalable. Nous ne nions pas que dans la donnée d'un concordat l'Etat n'eût lieu de prendre des précautions vis-à-vis de la puissance étrangère à laquelle un si grand nombre de ses subordonnés étaient rattachés par d'intimes liens. Il en sera toujours ainsi tant que la plus haute charge dans le catholicisme sera unie à une souveraineté temporelle. L'indépendance des Eglises est impossible partout où elles représentent autre chose que la religion seule, partout où elles dépendent d'un souverain politique. Il est donc nécessaire de prévoir les cas de conflit et de garantir la sécurité publique par des règlements regrettables en euxmêmes, mais imposés par une sage politique dans une situation
li Mémoires sur le Consulat, p. 159.