UO DÉBATS AVEC ROME
compliquée et fausse. Mais ce qui n'est pas nécessaire c'est, au moment même où les deux puissances sont en pourparlers diplomatiques, que l'une d'elles, — la puissance civile, — ajoute de son plein gré au traité conclu les articles qui lui conviennent et se fasse ainsi, en abusant de sa position, la part du lion. C'est ce qu'avait tenté le premier consul avec son audace ordinaire, et il avait ainsi laissé dans le cœur de son nouvel allié un levain d'amertume qui devait rendre impossible la bonne harmonie. Un traité violé aussitôt que conclu inaugurait la guerre et non la paix. La bonne entente dura tout le temps qui parut nécessaire à Napoléon pour obtenir du saint-père une concession nouvelle, toute au profit de son ambition personnelle. Il avait envie de la petite fiole, selon l'expression spirituelle du général Lafayette, et il voulait étonner le monde en faisant sacrer par les mains du pr.pe à Notre-Dame je ne dis pas le représentant, mais le fils victorieux de la Révolution française. Il se servit, pour amener Pie VII à ses vues, du même appât par lequel il l'avait décidé au concordat. On sait que les promesses les plus vagues se précisent d'une étrange manière dans les esprits préoccupés d'un désir longtemps caressé ; ils interprètent et complètent dans leur sens un mot, un signe équivoque. Rien n'était donc plus facile que d'obtenir une fausse démarche d'un vieillard respectable qui croyait sa conscience intéressée à rétablir le pouvoir temporel dans ses anciennes limites. Il eût couru au bout du monde après l'ombre d'une des provinces perdues; il devait penser que les Légations valaient bien une messe à Paris, d'autant plus qu'après tout on ne demandait aucun sacrifice à sa conscience. On ne peut douter que tel ait été le principal motif de son voyage en France, quand on lit le Mémoire qu'il fit remettre au ministre des affaires étrangères. Ce Mémoire débute ainsi : « Nous avons été longtemps incertain, si, en cédant aux invitations répétées de Votre Majesté de vous manifester les demandes de notre cœur, nous devions y faire aucune mention des terres appartenant au domaine du saintsiége. » Ces mots révèlent de suite l'habileté de la diplomatie française qui a tout fait espérer à Rome sans prendre aucun engagement positif. Le Mémoire roule principalement sur la pénurie