‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 355 sur 373 · U8 DÉBATS AVEC ROME · texte numérisé non relu

U8 DÉBATS AVEC ROME

passant sur la différence des cultes se montra plus fidèle à la liberté religieuse que l'ancien général de la République. « La disparité du culte, écrivait-on de Rome à Paris, considérée par l'Eglise comme un empêchement dirimant, ne se vérifie pas entre deux personnes baptisées, bien que Tune d'elles ne soit pas dans la religion catholique. » Napoléon insista avec emportement, mais sans plus de succès. L'autre incident fut son désir impérieux de conclure en faveur du royaume d'Italie nouvellement constitué un concordat pour le moins aussi avantageux au pouvoir civil que celui de 1802. Le pape avait mille raisons pour être moins pressé que lui. Les rapports tendirent à s'aigrir de plus en plus. Le 13 février 1806, l'empereur écrivit au pape une lettre qui, quelque puissant et redouté qu'en fût le signataire y n'était pas moins une coupable insolence envers l'Eglise catholique. « Nos conditions doivent être, écrivait Napoléon, que Votre Sainteté aura pour moi dans le temporel les mêmes égards que je lui porte pour le spirituel. » En vérité le saint-père ne se fût pas engagé imprudemment en promettant simplement la réciprocité des égards. « Votre Sainteté est souveraine de Rome, ajoutait Napoléon , mais j'en suis l'empereur. Tous mes ennemis doivent être les siens... Je suis comptable envers Dieu qui a bien voulu se servir de mon bras pour rétablir la religion, et comment puis-je, sans gémir, la voir compromise parles lenteurs de la cour de Rome, où l'on ne finit rien? A cause des intérêts mondains on laisse périr les âmes. Ils en répondent devant Dieu, ceux qui mettent tant de zèle à protéger des mariages protestants. » Qu'on n'oublie pas que c'est le représentant prétendu d'une révolution faite au nom de la liberté de conscience qui tient ce langage au représentant de la théocratie romaine. Quel étrange renversement de rôle! Le reste de la lettre est sur ce ton : « Si à Rome on passe les journées à ne rien faire, et dans une coupable inertie, puisque Dieu m'a commis après de si grands bouleversements pour veiller au maintien de la religion, je ne puis devenir ni je ne puis rester indifférent à tout ce qui peut nuire au bien et au salut de mes peuples. Je ne puis laisser languir un an ce qui doit être fait dans quinze

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