‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 54 sur 373 · RÉORGANISATION DU COMITÉ ECCLÉSIASTIQUE · texte numérisé non relu

RÉORGANISATION DU COMITÉ ECCLÉSIASTIQUE

financières qui devaient relever le crédit national, que les agitations religieuses allaient contribuer à abaisser si misérablement. Sur les biens-fonds restant au clergé, on eût tout d'abord soldé les pensions votées à ceux qui perdaient leur position par les réformes opérées, puis on eût laissé au clergé lui-même le soin de subvenir à son propre entretien. Il aurait perdu sans doute les exemptions qui en faisaient une corporation privilégiée ; ses biens eussent été imposés comme ceux des particuliers, et les précautions contre la mainmorte eussent été conservées. La propriété ecclésiastique a été maintenue dans des pays où certes ni la liberté ni le mouvement des richesses n'ont été arrêtés par elle. Il suffit de nommer l'Amérique du Nord qui allait opérer bientôt la grande réforme, pour laquelle la Révolution française n'était pas mûre. Même sous le régime de notre Gode civil des propriétés collectives peuvent être assurées pour un grand nombre d'années. On eût été bien moins gêné dans des transactions semblables, si la législation française avait été conçue avec plus de largeur sur ce point, ce qui eût été la première conséquence de l'existence de cultes non salariés en France. Avec une liberté politique sérieusement garantie, le clergé se fût admistré luimême sans entraves, comme il le fait partout où il trouve une terre libre. Nous croyons fermement que c'est dans cette voie seulement qu'on devait tenter la solution si délicate des rapports de la société religieuse et de l'Etat. C'est là que la cherchait, d'après des documents irrécusables, le grand homme d'Etat qui voulait l'Eglise libre dans l'Etat libre. Cette pensée perçait à chaque instant dans les entretiens intimes de M. de Cavour, comme on peut s'en convaincre par le témoignage de son secrétaire.

Ce n'était pas pour l'honneur de formuler un principe de droit politique que l'Assemblée nationale avait voté le 2 novembre l'aliénation générale des biens du clergé ; elle avait la ferme intention d'y trouver une ressource efficace pour relever les finances du pays. Aussi les mesures vont-elles se succéder pour mettre à la disposition de la nation, ce gage considérable destiné à relever son crédit. Le haut clergé soutenu parla droite s'efforcera de défendre

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