RÉORGANISATION DU COMITE ECCLÉSIASTIQUE
pied à pied ses propriétés, mais ce n'est plus qu'un combat d'arrière-garde dans une bataille déjà perdue. Seulement sa résistance passionnée n'aura que trop d'écho au dehors, il lui sera d'autant plus facile d'agiter le pays qu'il aura davantage disputé le terrain à l'assemblée. Le comité ecclésiastique qui avait été nommé le 20 a<-ùt, vit s'étendre ses attributions aussitôt après le décret du 2 novembre, car il avait non-seulement à préparer la liquidation des propriétés ecclésiastiques, mais encore à élaborer le plan à la fois financier et constitutionnel duquel devait sortir la réorganisation de l'Eglise de France K Composé d abord de quinze membres parmi lesquels figuraient du côté gauche, Durand- Maillane, Lanjuinais et Treilhard, habile avocat du parlement de Paris, et du côté droit, les évoques de Clermont et de Luçon, il fut accru d'un nombre égal de membres, quand les discussions qui y éclatèrent à la suite du vote du 2 novembre rendirent les délibérations impossibles. On distinguait parmi les nouveaux membres, Dom Gerle le chartreux, révolutionnaire fort capable dans une heure d'entraînement de servir la réaction, l'abbé de Montesquiou, défenseur habile et modéré des intérêts du clergé, quelques curés libéraux comme l'abbé d'Espilly et le curé de Souppes et un député libéral, le représentant Chasset. Le comité ainsi renforcé se divisa en trois sections : la première était chargée de la reconstitution de l'Eglise de France, et les deux autres de toutes les questions qui se rattachaient aux biens ecclésiastiques. Un comité spécial des dîmes fut formé pour statuer définitivement sur cet ancien revenu de l'Eglise. Après le vote qui décida de leur aliénation, les membres de la droite offrirent leur démission, mais elle ne fut pas acceptée. Le comité ecclésiastique poursuivit ses travaux avec lapins grande assiduité, et c'est sur les rapports divers qui émanèrent de lui que furent arrêtées les graves mesures qui bouleversèrent l'Eglise. Le comité, dans ses diverses sections, s'attacha à préparer l'exécution complète des décrets de l'Assemblée souveraine; il lui facilita singulière-
1. Voir sur toute l'histoire intérieure du comité ecclésiastique le livre déjà cité de Durand-Maillane (1791).