‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 56 sur 373 · NOUVELLES PROPOSITIONS · texte numérisé non relu

NOUVELLES PROPOSITIONS

ment la tâche par ses travaux hardis et consciencieux qui reflétaient exactement les erreurs et les passions du moment.

Talleyrand, satisfait d'avoir ouvert la brèche, n'avait pris aucune part aux débats sur la proposition de Mirabeau moins radicale que la sienne, mais il savait fort bien que son initiative dans une pareille question ne lui serait jamais pardonnée. II demanda le 7 novembre que Ton mît les scellés sur les chartiers où étaient déposés les titres des propriétés ecclésiastiques et que Ton fit l'inventaire des meubles. C'était une sorte de prise de possession. L'Assemblée hésita quelques jours devant une exécution si prompte de ses décrets sur les biens du clergé. Elle se contenta d'abord de les placer sous la sauvegarde du roi, des tribunaux et de l'administration. Treilhard, au milieu d'une agitation extraordinaire et malgré les clameurs de la droite et l'insistance de Maury qui prit d'assaut la tribune, fit voter deux jours plus tard que le roi serait supplié de surseoir à la nomination des bénéfices à l'exception des cures. Le 19 novembre il reprenait la motion de Talleyrand, en exceptant seulement les curés de la formalité des scellés. Cette exception parut une injure envers le haut clergé; l'évêque de Clcrmont s'en plaignit avec amertume. Plusieurs autres orateurs réclamèrent au nom de la dignité de l'Eglise. On objecta les déprédations déjà signalées. Sur la motion de l'abbé d'Ablecourt, l'Assemblée vota un décret qui enjoignait à tous les titulaires de bénéfices de faire sur papier libre dans le délai de deux mois une déclaration détaillée, devant les juges royaux et municipaux, des effets mobiliers et immobiliers appartenant aux bénéfices. Cette déclaration, après avoir été affichée aux portes des églises paroissiales, devait être envoyée à l'Assemblée. Personne ne s'arrêta à la singulière objection de l'abbé de Montesquiou qu'une déclaration semblable serait difficile à un bon nombre d'abbés commendataires qui n'avaient jamais vu leurs abbayes. La France à l'heure de sa régénération n'était pas tenue de prendre en considération un abus si honteux. Quelques mois plus tard le vendredi 5 février, l'Assemblée exigea pour les pensions ecclésiastiques les mêmes déclarations que pour les bénéfices proprement dits; les dé-

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