COLÈRE DE LA DROITE
Thouret, a envoyé ses ministres dans la société leur a-t-elle dit: Allez, prospérez et acquérez? Non, elle leur a dit : Prêchez ma morale et mes principes. Quand il a fallu assurer leur subsistance, elle a dit ce seul mot : // est juste que les prêtres vivent de l'autel. Et nous, nous avons dit par une version exacte de ce mot : « Il faut que le fonctionnaire public vive de ses fonctions. » C'est bien là la pensée intime du projet débattu, et c'est aussi sa condamnation la plus sévère; car je ne vois pas les avantages d'un clergé fonctionnaire passant de la docilité extrême qui le déshonore aux intrigues politiques qui troublent l'Etat sans le relever moralement. La Constitution civile du clergé est tout entière en germe dans ces mots ; nous l'en verrons bientôt sortir. « Nous avons décrété la vente de -400 millions, disait encore Thouret : ou la nation a droit au tout, ou elle n'avait pas droit à la partie. Eh bien ! il faut agir. Peut-il y avoir un moment plus pressant? Y eut-il jamais une Assemblée nationale revêtue d'un plus grand caractère? »
La colère de la droite montait comme un flot grossissant après chaque nouveau discours de ses adversaires ; elle rugissait plus qu'elle ne discutait. En vain quelques-uns de ses orateurs essayèrent d'établir que la subvention du clergé coûterait plus cher que l'ancien état de choses. On savait que si les dîmes et les biens-fonds laissaient en réalité l'Eglise moins riche que le salaire proposé , ses défenseurs n'auraient pas exprimé une si véhémente indignation dans la discussion présente. L'évêque de Nancy invoqua tour à tour l'intérêt de la religion mise désormais à la merci d'une guerre malheureuse ou d'une mauvaise récolte, celui des pauvres frustrés des aumônes qui leur revenaient, et menaça le trésor public d'un déficit croissant par suite de nouvelles taxes établies. Il termina son discours par une protestation à grand fracas qui fut acclamée par tous les membres de son parti; debout et la main levée comme pour un serinent héroïque, il s'écria : « Je déclare que nous ne pouvons participer, adhérer.,, ni consentir au décret qui pourrait être rendu sur cette matière et à tout ce qui peut s'ensuivre. » L'archevêque d'Aix est bien plus pathétique encore : « Voilà donc