‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 69 sur 373 · ÉCHEC DE LA MOTION · texte numérisé non relu

ÉCHEC DE LA MOTION

assemblée des membres de la droite aux Capucins. Elle décida qu'elle ne protesterait pas, mais qu'elle ferait une déclaration. Le lendemain, 14 avril, les portes deFéglisene s'ouvrirent que grâce à un capitaine de la garde nationale qui dut passer outre à l'opposition des religieux. On lut un projet de déclaration qui dénonçait à toute la France que l'Assemblée nationale avait refusé formellement de décréter que la religion catholique était la religion de la nation. «Nous croyons en conséquence, disait le projet, qu'il est de notre devoir de faire connaître aux Français les dangers qui menacent la religion de leurs pères, qui, si elle avait été déclarée nationale et dominante, n'aurait pu inquiéter les opinions religieuses de chaque individu par le caractère de tolérance qu'elle porte avec elle. » L'abbé Maury voulait un langage plus énergique. On n'eut le temps de rien décider, et le lendemain dimanche, la réunion de la droite dut se séparer devant les clameurs d'une population ameutée qui, sous prétexte de servir la liberté, violait l'un des droits les plus sacrés. Mais si la déclaration ne fut pas formellement rédigée par cette fraction de l'Assemblée, chacun de ses membres se chargea du soin de protester pour son compte et de propager l'irritation dans le pays. Nous en verrons bientôt les dangereux effets. A Paris, la guerre de plume se poursuivit avec une grande vivacité. L'abbé Maury fut raillé dans de nombreux pamphlets d'un ton insultant dont le plus mordant fut celui intitulé : Testament de l'abbé Maury. Les Actes des apôtres persiflèrent l'Assemblée sans plus de ménagements.

Après l'échec de la motion de Dom Gerle, la discussion sur les propositions du comité des dîmes était complètement inutile, car l'Assemblée, par son vote, l'avait acceptée en principe. Le débat se continua surtout entre ecclésiastiques; quelques curés réclamèrent avec force contre les abus nés de la richesse dans l'Eglise, et l'abbé d'Eymar eut l'audace de leur répondre qu'une religion pauvre, comme le christianisme à ses débuts, est bonne pour des esclaves mutilés par leurs maîtres qui ont besoin d'être consolés des peines de la vie par la perspective du ciel, mais qu'une religion riche peut seule obtenir la considération dans

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