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RÉPARATION FAITE AUX PROTESTANTS

dance de la société religieuse l'a été au détriment de la liberté générale. Mais l'abolition d'une religion d'Etat proprement dite, vivant du monopole et de l'oppression, était une précieuse conquête. Le culte n'était plus interdit à aucune Eglise, ainsi que l'avaient demandé imprudemment les chefs de la droite ; l'égalité religieuse au point de vue des droits, sinon des émoluments, était consacrée.

L'Assemblée nationale ne pouvait adopter la motion de Dom Gerle sans se déjuger après les mesures qu'elle avait prises en faveur des protestants et d'une fraction de la nation moins malheureuse dans le passé, mais placée sous le coup d'un mépris plus accablant. Les juifs participèrent aussi à l'œuvre de réparation de la Constituante. Dans la séance du 11 février 1790, l'Assemblée prit en considération une motion en faveur des protestants qui réclamaient un décret «pour empêcher le despotisme de Louis XIV mort de peser sur leur postérité» et ordonner la restitution des biens « qui avaient été confisqués aux religionnaires expatriés lors de la révocation de l'Edit de Nantes. » Un décret formel rendit tous les droits de citoyens français aux descendants des réfugiés, à la seule condition de revenir en France et d'y prêter le serment civique. Déjà l'accès de tous les emplois leur avait été rouvert. Le décret qui faisait tomber toutes les barrières devant les protestants fut rendu le 24 décembre 1789 à l'occasion de la déclaration des droits. L'article de Yéligibilité est ainsi conçu : « L'Assemblée nationale décrète : 1° que les non-catholiques qui auront d'ailleurs rempli toutes les conditions prescrites dans ses précédents décrets pour être électeurs et éligibles pourront être élus dans tous les degrés d'administration, sans exception; 2° que les non-catholiques sont capables de tous les emplois civils et militaires comme les autres citoyens. » Le 10 mars suivant, Rabaut Saint-Etienne, le fils du vieux ministre huguenot dont la tête avait été mise à prix tant de fois dans son long apostolat du désert, écrivait à son père : « Le président de l'Assemblée nationale est à vos pieds. » Il avait remplacé l'abbé de Montesquiou au fauteuil de la Constituante. Le décret du 24 décembre contenait, à l'égard des juifs, une réserve ainsi conçue :

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