‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 81 sur 373 · DISCUSSION GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

DISCUSSION GÉNÉRALE

Judas n'avait pas été faite autrement que par l'élection populaire. — Seulement c'était se tromper gravement que d'avoir raison d'une façon toute théologique à la tribune nationale, et ce qui eût été parfaitement à sa place dans une assemblée délibérante de l'Eglise était hors de place dans une assemblée politique. Treilhard avait beau affirmer que le dogme seul est d'institution divine et échappe au pouvoir civil; la discipline qui touche à l'organisation intime de la société religieuse doit relever d'elle au même titre. Quand il s'écriait à la fin de son discours : « Vos décrets ne porteront point atteinte à cette religion sainte, ils la ramèneront à sa pureté primitive et vous serez vraiment les chrétiens de l'Evangile, — » il se contredisait lui-même; car si ces décrets ramenaient vraiment l'Eglise à sa pureté primitive, ils avaient une portée religieuse considérable et la prétention de faire par décret des chrétiens selon l'Evangile était la plus grave atteinte à une religion qui cesse d'être sainte du jour où elle n'est plus qu'une institution politique. « Un Etat, disait encore Treilhard, peut admettre ou ne pas admettre une religion; il peut à plus forte raison déclarer qu'il veut que tel établissement existe dans tel ou tel lieu, de telle ou telle manière. Quand le souverain croit une réforme nécessaire, rien ne peut s'y opposer, » L'orateur avait bien raison d'invoquer après cela la tradition de l'ancienne monarchie française. Il était dans la plus pure tradition du passé et il suivait docilement l'instinct unitaire de sa race. Aucun argument nouveau ne fut présenté dans la discussion générale. Le curé Leclerc développa avec une énergie incisive l'opinion soutenue par l'archevêque d'Aix ; il montra clairement que le projet aboutissait au presbytérianisme, c'est-à-dire au changement le plus radical dans l'organisation de l'Eglise et celle-ci ne serait pas consultée Il ajouta que l'Eglise ne se conduit pas comme l'Etat par des raisons de finance et que la discipline ne se vote pas comme un budget. Goulard, curé de Roanne, l'appuya par des considérations analogues et il fit pressentir l'abaissement où pourrait tomber un clergé salarié et fonctionnaire. Voter le projet, d'après lui, c elait entreprendre une vraie réforme et s'engager dans la voie

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