CHAPITRE IV
Premières résistances du clergé. — Troubles à Nîmes et à Montauban. — Le serment politique imposé au clergé. — Scène pathétique à l'Assemblée. — Adresse de Mirabeau à la nation. — Pamphlet de Camille Desmoulins.
L'esprit de liberté, nous l'avons reconnu, avait visité plus d'un presbytère et plus d'un cloître à la fin du dix-huitième siècle. Il s'était même imposé avec toute la puissance d'une opinion triomphante à quelques hauts dignitaires de l'épiscopat. Nous pensons encore qu'on eût pu, sinon rallier entièrement l'Eglise de France à la cause des grandes réformes, éviter au moins de la blesser au cœur et d'y soulever la plus invincible des résistances, celle qui s'appuie sur les scrupules de la conscience. La majorité de la chambre du clergé s'était ralliée au tiers avant même que le roi eût parlé. Ce succès considérable conseillait une politique mesurée, prudente, pleine de ménagements pour des alliés aussi utiles et dont l'influence pénétrait si loin dans toutes les classes de la société. Nous avons vu que la politique contraire fut suivie par l'Assemblée nationale et qu'elle se laissa promptement emporter à des mesures radicales qui devaient irriter profondément la portion du clergé que des passions démocratiques très vives ou des rancunes jansénistes trop justifiées n'avaient pas placée en tête de la Révolution. L'opposition cléricale était particulièrement dangereuse parce qu'elle était tout organisée , tout armée. Aussi excita-t-elle les plus vives alarmes et les plus ardentes colères; elle poussa l'Assemblée à s'opiniâtrerdans ses fautes, à se porter sans délai aux extrêmes et à faire clés lois, comme on fait la guerre, avec l'unique préoccu-