‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 89 sur 373 · EFFET DES MESURES DE L'ASSEMBLÉE DANS LE PAYS · texte numérisé non relu

EFFET DES MESURES DE L'ASSEMBLÉE DANS LE PAYS

dès les premiers jours,, la conciliation entre la liberté et la religion. L'opposition cléricale grandit à chaque mesure nouvelle qui porte atteinte à l'ancienne organisation ecclésiastique de la France. A peine le décret du 2 novembre sur les biens du clergé est-il rendu que de toutes parts la lutte s'engage. A Toulouse, dans le Béarn, dans le Cambrésis, la noblesse et le clergé assemblent les états sur l'ancien pied comme si rien ne s'était passé en France. L'Assemblée décréta aussitôt que jusqu'à l'époque où elle s'occuperait du nouveau pouvoir judiciaire tous les parlements du royaume continueraient de rester en vacance. On résista à Rouen et à Metz; dans cette dernière ville le haut clergé avait tenu des assemblées factieuses qui montraient clairement d'où partait la résistance. Déjà on pouvait prévoir la guerre civile en Provence et les mandements des évêques soufflaient le feu à ces races méridionales si faciles à soulever. Plus on avance dans la mise à exécution du décret du 2 novembre sur les biens du clergé, plus l'opposition grandit et pousse à la révolte ouverte. Les violentes réclamations de la droite à l'Assemblée se traduisent au dehors en clameurs furieuses et en actes de violence. C'est ainsi que l'arrêté qui fut pris, après la suppression des ordres monastiques, de faire inventorier les biens des diverses maisons religieuses, mit tout le Midi en feu. Il y avait là un moyen assuré de jouer une grande scène pathétique, propre à frapper les yeux et l'imagination et à enflammer les passions religieuses. Une foule émue se pressait autour des couvents devenus soudain l'asile de toutes les vertus et la demeure de Dieu lui-même, les magistrats devaient en fendre les flots déjà grondants de sourdes colères pour aller accomplir un acte qui paraissait une abominable profanation. De là à l'émeute il n'y avait qu'un pas. Ce pas était promptement franchi dans les villes où la rivalité de deux cultes entretenait les passions religieuses, car les catholiques fervents du Midi ne pouvaient pardonner au protestantisme d'exister et de n'être plus réduit à se cacher pour échapper à la proscription. L'égalité religieuse était pour eux la grande iniquité de la Révolution. f

La guerre civile éclata ouvertement aussitôt après que l'As-

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