‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 91 sur 373 · AGITATION A NÎMES · texte numérisé non relu

AGITATION A NÎMES

réclamer ouvertement le plein rétablissement de l'autorité royale. Ce fâcheux mélange de la politique et de la religion affaiblissait d'avance la portée de sa résistance aux empiétements du pouvoir civil. L'Assemblée nationale réclama des poursuites contre les fauteurs des troubles à Nîmes et manda à sa barre les principaux signataires de la pétition des catholiques de cette ville, malgré un discours de Malouet qui essaya d'invoquer en leur faveur le droit de réunion et de discussion. Mais il eût fallu une raison bien supérieure pour placer au bénéfice du régime nouveau des hommes qui s'étaient montrés ses mortels ennemis. On ne pouvait attendre cette haute justice qui eût été le comble de l'habileté d'une assemblée d'où émanait la constitution civile du clergé. Ce qu'on apprit de ce projet si légitimement repoussé par les catholiques ne contribua pas peu à aggraver l'agitation dans le Midi; elle prit à Nîmes dans le cours du mois de juin tous les caractères d'une guerre civile. Les susceptibilités religieuses n'étaient pas seules en jeu; elles servaient de levier au parti de l'ancien régime pour soulever les masses. C'est ce qui ressort avec évidence de ce mot de Froment, le vrai moteur de ces troubles et l'agent des princes émigrés. «On ne peut étouffer une forte passion que par une passion plus forte encore et par conséquent le zèle religieux peut seul étouffer le délire républicain 1 » La lutte éclata à l'occasion des élections municipales.

Le parti catholique de Nimes, toujours fidèle à la cause détestable de la religion d'Etat et ne voulant pas admettre l'égalité devant la loi de toutes les opinions religieuses, était fermement décidé à empêcher l'élection des protestants. Il réussit à composer la municipalité de ses adhérents; c'était s'assurer l'impunité pour ses menées factieuses. Sa fureur ne connut plus de bornes quand il apprit au mois d'avril l'honneur décerné à Rabaud par l'Assemblée nationale. Un placard fut affiché qui portait ces mots injurieux : « L'infâme Assemblée nationale

i. Frcm|nt, Précis de mes opérations pour la défense de la royauté et de la religion pendant le cours de la Révolution, 1815.

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