‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 92 sur 373 · MASSACRES A NÎMES · texte numérisé non relu

MASSACRES A NÎMES

vient de mettre le comble à ses forfaits en élisant pour la présidence un prolestant. » Le décret qui confiait aux administrations départementales la gestion des biens du clergé hâta l'explosion du fanatisme. Une vraie ligue s'était organisée; des compagnies de volontaires avaient arboré la cocarde blanche bientôt remplacée par des huppes rouges. Elles s'appelaient elles-mêmes les compagnies de la Croix et s'étaient formées en opposition à la garde nationale recrutée indifféremment dans tous les rangs de la population ; les dragons de la garde civique signalés par leur patriotisme, excitaient particulièrement l'animosité des fanatiques. Tous les moyens étaient employéspour échauffer des passions déjà suffisamment surexcitées. On multipliait les repas et les discours véhéments, les églises s'ouvraient à des reunions nocturnes, des pamphlets incendiaires représentante religion comme proscrite et le roi comme captif, étaient distribués à profusion. Les protestants étaient désignés dans ces libelles comme des vipères ingrates que l'engourdissement met seul hors d'état de nuire; réchauffées par les bienfaits, elles ne revivent que pour donner la mort1. La lutte éclata le 13 juin entre les huppes rouges et les dragons; la provocation partit des premiers. Le lendemain les campagnes descendirent sur de faux bruits; mais la plupart des paysans retournèrent dans leurs foyers dès qu'ils eurent compris qu'on voulait leur faire défendre la contre-révolution. Cependant les protestants des environs s'étaient alarmés, ils arrivèrent dans la journée. Ils eussent probablement repris le chemin de leurs montagnes comme les paysans catholiques si on ne les eût mitraillés du couvent des capucins, qui était sur la place de l'Esplanade. Furieux, ils se jettent sur les huppes rouges. Froment, posté au château, trouva bon d'interrompre des pourparlers de paix par une fusillade qui était une trahison. C'était tout rompre et livrer la ville aux plus forts, justement indignés, mais exaspérés par la colère. Plus de trois cents catholiques furent mis à mort tandis que dans les campagnes le sang protestant coula à Ilots. L'impartiale histoire doit reconnaître que

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